Le concours Miss Univers 2025, événement phare censé promouvoir la beauté, la diversité et l’élégance, traverse une crise sans précédent. L’édition, organisée en Thaïlande, a déclenché une tempête médiatique mêlant accusations de fraude, conflits d’intérêts et enquêtes judiciaires. À mesure que les faits émergent, le concours perd en crédibilité et interroge sur son avenir.
Les copropriétaires sous le feu des justices thaïlandaise et mexicaine
Anne Jakapong Jakrajutatip, dirigeante du groupe JKN Global, se trouve au centre des accusations. La justice thaïlandaise l’accuse d’avoir trompé ses investisseurs en dissimulant l’état réel des finances de son groupe. Elle aurait falsifié des documents comptables pour lever des fonds, selon les informations publiées par le Huffington Post. Les autorités ont émis un mandat d’arrêt contre elle, quelques semaines seulement après la diffusion de l’événement.
Depuis 2022, Anne Jakrajutatip préside aux destinées du concours Miss Univers après avoir racheté les droits via sa société cotée à la bourse thaïlandaise. Son profil, célébré pour son parcours transgenre et entrepreneurial, suscitait initialement l’admiration. Mais la confiance s’effondre. Les investisseurs se retirent, les actions JKN plongent, et l’image de la marque Miss Univers en sort profondément entachée.
Son associé, Raul Rocha Cantu, copropriétaire mexicain du concours, fait face à des accusations encore plus lourdes. Les autorités mexicaines le soupçonnent de trafic de drogue, d’armes et de carburant. Ces soupçons s’appuient sur une enquête ouverte depuis plusieurs mois par le parquet fédéral. RTL évoque des ramifications régionales complexes et des connexions avec des réseaux organisés.
Ces affaires judiciaires, qui frappent les deux têtes du concours, jettent un doute profond sur la gestion du concours. Elles soulèvent une question centrale : comment des personnalités visées par des accusations aussi graves ont-elles pu conserver un tel niveau de contrôle sur une plateforme mondiale censée promouvoir des valeurs universelles ?
Démissions de jurés et soupçons de manipulation du vote
Les controverses n’épargnent pas le déroulement même de la compétition. Dès les jours précédant la grande finale, plusieurs membres du jury international ont annoncé leur retrait. Parmi eux, l’ancien footballeur français Claude Makélélé a déclaré qu’il ne souhaitait pas cautionner un processus qu’il jugeait opaque et déviant. D’après le juge franco-libanais Omar Harfouch, qui a lui aussi claqué la porte, un comité non officiel aurait décidé des finalistes en amont, écartant ainsi le véritable jury de son rôle initial. TF1 Info a relayé ses déclarations précises et accablantes.
Les soupçons se concentrent sur le processus de sélection de Fátima Bosch, la représentante mexicaine, élue Miss Univers 2025. Bien que sa victoire ait été applaudie dans son pays, elle alimente la controverse ailleurs. Des critiques pointent une irrégularité flagrante : le jury n’aurait ni voté ni été informé du détail des résultats finaux.
Cette opacité a suscité une onde de choc parmi les participantes elles-mêmes. Olivia Yacé, Miss Côte d’Ivoire 2021, figure respectée des concours internationaux, a refusé le titre continental de Miss Afrique & Océanie. Dans un message publié après la finale, elle a expliqué que l’organisation ne reflétait plus ses valeurs. Elle a affirmé qu’elle ne souhaitait pas cautionner un événement qui manque de transparence et d’équité. Ce retrait symbolique illustre le malaise profond au sein même du concours.
Défaillances logistiques et crise de gouvernance
Au-delà du scandale judiciaire et du soupçon de tricherie, des dysfonctionnements techniques ont aggravé la situation. Lors des épreuves préliminaires, une candidate est tombée lourdement sur scène. L’incident, filmé et partagé massivement en ligne, a mis en lumière des problèmes de sécurité. Les internautes ont pointé du doigt la mauvaise qualité des infrastructures et l’absence de dispositifs de prévention. L’organisation n’a pas commenté publiquement l’accident, ce qui a renforcé les critiques sur son opacité.
En interne, les équipes semblent dépassées. Plusieurs sources affirment que les règles du concours ont changé en dernière minute. D’anciennes candidates ont dénoncé un manque de préparation, des conditions d’accueil inégales et une absence de communication de la part des organisateurs. Ces témoignages renforcent l’idée que Miss Univers 2025 a souffert d’un pilotage désorganisé, malgré son envergure internationale.
Le modèle de gouvernance mis en place par JKN Global concentre les décisions entre les mains d’un cercle restreint. Il n’existe aucun comité indépendant de supervision. Ce modèle favorise les conflits d’intérêts et empêche une gestion équilibrée. Face aux critiques, ni la direction de JKN ni celle de Miss Univers n’a présenté de plan clair pour rétablir la confiance.
Dans ce contexte, les partenaires commerciaux et sponsors internationaux commencent à exprimer leurs doutes. Certains, selon des sources internes, envisagent de se désengager si aucune réforme rapide ne survient. La pression économique s’ajoute donc à la crise morale.
L’avenir de Miss Univers en suspens
Le concours Miss Univers, institution née en 1952, traverse la plus grave crise de son histoire. En l’espace de quelques semaines, il a vu sa réputation mondiale basculer. Les autorités thaïlandaises et mexicaines poursuivent leurs investigations. Les médias multiplient les révélations. Et les participantes expriment, souvent publiquement, leur désillusion.
Face à cette situation, plusieurs experts plaident pour une refonte totale de la gouvernance du concours. Ils appellent à la création d’un organisme de contrôle externe, à la transparence des procédures de vote et à la séparation claire entre le financier et l’opérationnel. Sans ces garanties, Miss Univers risque de perdre son statut d’événement de référence.
Les organisateurs n’ont d’autre choix que de réagir. Leur silence ou leur inaction pourraient aggraver la crise. Pour espérer restaurer la confiance, ils doivent prendre des mesures fortes : audit externe, renforcement des règles d’éthique, retrait des personnalités mises en cause. Le public, les candidates et les partenaires attendent désormais des actes.