Ramadan en Côte d’Ivoire : santé et équilibre alimentaire au cœur du jeûne

février 24, 2026

Depuis le milieu de la semaine dernière, des millions de musulmans à travers le monde observent le mois sacré du Ramadan. En Côte d’Ivoire, comme ailleurs, les fidèles s’abstiennent de boire et de manger de l’aube au coucher du soleil pendant 29 ou 30 jours. Ce changement brutal du rythme alimentaire et biologique n’est pas sans conséquence. Chaque année, certains jeûneurs terminent le mois affaiblis, confrontés à des troubles digestifs, des pics d’hypertension ou des déséquilibres glycémiques. Face à ces risques, les autorités religieuses et les professionnels de santé multiplient les actions de sensibilisation.

À Abidjan, des conseils nutritionnels à la mosquée

Dans l’enceinte de la grande mosquée de la Riviera Golf, à Cocody, plusieurs dizaines de fidèles se sont réunis ce dimanche, non pas pour la prière, mais pour une session d’information consacrée à l’alimentation pendant le Ramadan. L’initiative vise à rappeler que le jeûne, s’il est bien encadré, peut être bénéfique pour l’organisme.

Le nutritionniste et imam Zakarya Sidibé a expliqué que le Ramadan peut permettre au corps de réduire l’excès de triglycérides et de cholestérol. Cependant, il met en garde contre les excès au moment de l’iftar, la rupture du jeûne. Selon lui, des repas trop riches en graisses et en sucres favorisent le surpoids, l’obésité, le diabète et l’hypertension artérielle, annulant ainsi les effets positifs du jeûne.

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Les risques liés à la déshydratation et aux excès alimentaires

Privé d’eau et de nourriture durant de longues heures, particulièrement sous la chaleur ivoirienne, l’organisme puise dans ses réserves énergétiques. Cette situation peut entraîner fatigue, soif intense et épisodes d’hypoglycémie. Le Dr Mory Gbané, également intervenant lors de la rencontre, insiste sur l’importance d’une hydratation progressive et suffisante entre l’iftar et le petit matin.

Il recommande d’éviter les repas copieux et trop gras au coucher du soleil, privilégiant une alimentation modérée, équilibrée et fractionnée. L’hydratation régulière tout au long de la nuit permet de limiter les risques de déshydratation et de mieux préparer l’organisme à la journée suivante.

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Le Ramadan comme moment d’éducation sanitaire

Pour les responsables religieux, le Ramadan représente aussi une opportunité d’éducation à long terme. Abdoulaye Koné, président du comité de gestion de la mosquée, souligne que les fidèles doivent adopter un comportement alimentaire qu’ils pourront maintenir après le mois sacré. L’objectif ne se limite pas à traverser le Ramadan sans incident, mais à instaurer de meilleures habitudes nutritionnelles durables.

Les professionnels de santé rappellent par ailleurs que certaines catégories de personnes doivent faire preuve de prudence. Les diabétiques, les hypertendus, les malades chroniques ainsi que les femmes enceintes sont invités à consulter un médecin avant de décider de jeûner. L’islam prévoit d’ailleurs des dispenses pour raisons médicales, afin que la pratique religieuse ne compromette pas la santé.

En Côte d’Ivoire, le message est désormais clair : le jeûne reste un pilier spirituel majeur, mais il doit s’accompagner de responsabilité. Jeûner ne signifie pas mettre son organisme à l’épreuve. Au contraire, le mois de Ramadan peut devenir un temps de discipline, d’équilibre et de prévention, à condition d’allier foi et vigilance sanitaire.

Enagnon Wilfried ADJOVI

Enagnon Wilfried ADJOVI

Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je produis des décryptages et analyses approfondies sur les enjeux politiques, économiques et technologiques qui redessinent le continent.

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