Après le séisme judiciaire provoqué par la Cour suprême américaine, une nouvelle bataille s’engage désormais sur le front économique. Suite à l’annulation des droits de douane imposés par l’administration Trump, de nombreuses entreprises passent à l’offensive et réclament officiellement le remboursement des taxes déjà versées.
Une décision qui ouvre la voie aux remboursements
La décision de la Cour suprême des États-Unis ne se limite pas à stopper l’application des droits de douane. Elle ouvre en effet une brèche juridique majeure, permettant aux entreprises et aux importateurs lésés d’exiger la restitution des sommes perçues par les autorités douanières américaines. Ces montants, parfois considérables, représentent des années de surcoûts imposés aux acteurs du commerce international. Selon les analystes, les surtaxes déjà payées par les entreprises ont dépassé les 130 milliards de dollars l’an dernier.
FedEx ouvre le bal des poursuites judiciaires
Parmi les premières entreprises à dégainer, FedEx fait figure de pionnière. Selon un document judiciaire consulté par l’AFP, le géant américain de la logistique a demandé au Tribunal américain du commerce international de forcer les États-Unis à :
« Rembourser (…) les droits perçus auprès d’eux sur toutes les importations sujettes à des surtaxes désormais annulées par la Cour suprême, majorés des intérêts prévus par la loi. »
Il s’agit de la première plainte du genre déposée par une grande entreprise américaine depuis que Donald Trump a essuyé ce camouflet historique sur sa politique commerciale. Mais FedEx n’est pas seule dans cette démarche. La chaîne de supermarchés Costco ainsi que la filiale américaine du constructeur japonais Toyota avaient d’ailleurs préventivement porté plainte avant même le verdict de la Cour suprême, anticipant une décision favorable.
Trump minimise, mais les tribunaux s’emballent
Interrogé sur la question des remboursements dès vendredi, Donald Trump a tenté de minimiser la portée de cette offensive judiciaire. Le président américain a souligné que cette question n’avait « pas été abordée » par la Cour suprême, estimant qu’elle occuperait les tribunaux pendant des années. Une déclaration qui sonne davantage comme un aveu d’impuissance que comme une véritable réponse juridique.
Car la réalité est tout autre : les plaintes s’accumulent, les entreprises s’organisent et la machine judiciaire est désormais en marche.
Des entreprises africaines également concernées
Cette démarche concerne potentiellement de nombreuses entreprises africaines, notamment celles issues des pays les plus touchés par les surtaxes américaines : l’Afrique du Sud, l’Algérie, la Libye et la Tunisie. En effet, les exportateurs de ces pays ayant subi ces taxes pourraient, à leur tour, entamer des procédures de remboursement auprès des autorités américaines compétentes. Un signal fort pour les opérateurs économiques du continent, qui suivent de très près l’évolution de ce dossier.
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Une procédure longue mais prometteuse
Si la voie juridique semble prometteuse, elle s’annonce néanmoins longue et complexe. Les entreprises devront apporter la preuve des montants versés et justifier leur éligibilité au remboursement. Toutefois, la décision de la Cour suprême constitue un socle juridique solide sur lequel les plaignants pourront s’appuyer pour défendre leurs droits.
Donald Trump lui-même a reconnu que cette bataille judiciaire pourrait durer des années. Mais pour les entreprises qui ont versé des centaines de millions de dollars en surtaxes, l’enjeu financier justifie largement d’engager ce long combat.