Réaction rwandaise à l’appel de Tshisekedi : « Du cinéma politique », selon Kigali

octobre 9, 2025

Le 9 octobre 2025, le président congolais Félix Tshisekedi a lancé un appel à la paix, tendant la main à son homologue rwandais, Paul Kagame, dans l’espoir de désamorcer la crise qui secoue l’Est du Congo. Cependant, la réponse des autorités rwandaises a été vive et sans ambiguïté. Si le chef de l’État rwandais s’est montré acerbe sur les réseaux sociaux, un ministre de son gouvernement a parlé de « cinéma politique ». Retour sur les déclarations qui ont intensifié la tension diplomatique entre les deux pays.

Les déclarations de Paul Kagame : Un message dur et sans équivoque

Le président rwandais Paul Kagame a réagi de manière assez tranchée aux appels à la paix lancés par Tshisekedi. Sur Twitter, Kagame a choisi une métaphore particulièrement acerbe : « Si quelqu’un fait du bruit avec un tamtam vide, il a aussi un problème ! Mieux vaut laisser passer ou s’en aller ! ». Cette réaction fait écho à un long différend diplomatique entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo, particulièrement en ce qui concerne les tensions sur la question des groupes armés et la stabilité régionale.

Kagame semble minimiser l’importance du geste de Tshisekedi, y voyant une forme de bruit sans fondement, symbolisant selon lui une tentative de manipulation politique qui n’a pas lieu d’être. Ce ton direct et presque méprisant n’a pas tardé à alimenter les critiques au sein de la diplomatie congolaise, qui voit dans ces déclarations un manque de volonté de dialogue véritable de la part de Kigali.

Olivier Nduhungirehe : Un « cinéma politique » selon le ministre rwandais

Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, n’a pas tardé à rebondir sur l’appel de Tshisekedi. Selon lui, les gestes de bonne volonté du président congolais ne sont qu’une façade. « Mais de quelle main tendue parlez-vous ? », a-t-il déclaré en réponse aux propos du chef de l’État congolais, avant d’ajouter : « Moi je vous ai dit que c’est du cinéma politique, puisque le président Tshisekedi sait lui-même qu’il y a déjà un accord qui a été signé, mais que c’est lui qui viole cet accord. »

Pour Nduhungirehe, cette volte-face du président Tshisekedi est non seulement hypocrite, mais également contre-productive. Le ministre fait référence à un accord que la République Démocratique du Congo aurait soi-disant signé mais jamais mis en œuvre, ce qui, selon lui, constitue un obstacle à toute véritable réconciliation. Ce discours renforce l’idée selon laquelle Kinshasa, en dépit de ses discours de paix, est responsable du blocage des accords de coopération régionale.

Les accords de coopération : Un point de friction constant entre Kigali et Kinshasa

Les tensions entre le Rwanda et la RDC ne datent pas d’hier. Le ministre Nduhungirehe a rappelé un épisode significatif dans les négociations entre les deux pays. Selon lui, en 2025, lorsque les délégations rwandaise et congolaise étaient à Washington pour parapher un accord sur le cadre régional d’intégration économique, les deux parties étaient parvenues à un consensus sur le texte. Cependant, c’est le président Tshisekedi lui-même qui, à la dernière minute, aurait ordonné à sa délégation de ne pas signer le document.

Ce geste, perçu comme une obstruction délibérée, est selon Nduhungirehe l’élément central du blocage actuel. D’après lui, c’est bien Tshisekedi qui « met des bâtons dans les roues à l’application des accords existants », tout en se présentant aujourd’hui comme un champion de la paix. Cette critique directe met en lumière les divergences fondamentales entre les deux chefs d’État, soulignant une méfiance mutuelle qui semble difficile à surmonter, même avec des gestes diplomatiques.

Morgan Dossou

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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