Le Conseil de sécurité de l’ONU a voté, ce lundi 17 novembre 2025, la résolution soutenant le plan de paix présenté par le président américain Donald Trump pour Gaza. Un vote sous forte pression diplomatique de Washington, qui avertissait qu’un rejet ouvrirait la voie à une reprise de la guerre entre Israël et le Hamas. Treize membres ont voté en faveur du texte, tandis que la Russie et la Chine se sont abstenues, permettant l’adoption d’un dispositif inédit mêlant transition politique et force internationale.
Une résolution qui entérine le plan américain malgré les réserves
Le texte approuvé donne un mandat très large au « Comité de la paix », organe transitoire chargé de superviser la gouvernance à Gaza jusqu’à la réforme de l’Autorité palestinienne. Donald Trump doit en assurer la présidence jusqu’au 31 décembre 2027. Cette décision marque un changement majeur dans l’architecture diplomatique autour de la question israélo-palestinienne.
La résolution autorise également le déploiement d’une Force internationale de stabilisation (ISF) chargée de sécuriser les frontières avec Israël et l’Égypte, d’assurer la démilitarisation de Gaza, de désarmer les groupes armés, de protéger les civils et de former une nouvelle police palestinienne. Le document ne précise toutefois pas quels pays participeront à cette force, un flou qui inquiète plusieurs États membres.
Après deux années de guerre déclenchée par l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, l’ONU voit dans ce texte une avancée notable. « Une étape importante dans la consolidation du cessez-le-feu », a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général. Paris salue une résolution qui « répond aux besoins les plus urgents » et comporte « des références claires à la perspective d’un État palestinien ».
Rejet du Hamas et inquiétudes autour de la tutelle internationale
Le Hamas refuse totalement le contenu de la résolution. Le mouvement estime qu’elle « ne répond pas aux droits politiques et humains » des Palestiniens et rejette l’idée d’un mécanisme de tutelle internationale sur Gaza. Pour lui, le texte éloigne la bande de Gaza de toute forme d’autodétermination.
Israël, fidèle à sa ligne, rejette l’éventualité d’un État palestinien. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu l’a répété : « Notre opposition n’a pas changé. » Son ambassadeur à l’ONU, Danny Danon, fixe deux priorités : la récupération des corps des derniers otages et la démilitarisation complète du Hamas. Du côté des organisations de défense des droits humains, Human Rights Watch rappelle que cette résolution ne modifie en rien « l’obligation d’Israël et de ses alliés de respecter le droit international humanitaire ».
Frictions diplomatiques et incertitudes sur la mise en œuvre du plan
La Russie regrette que le Conseil de sécurité ait validé une initiative américaine jugée trop floue. Son ambassadeur Vassili Nebenzia critique un texte « reposant sur des promesses de Washington » et accusant le Comité de la paix d’obtenir un contrôle excessif sur Gaza. Moscou avait présenté un projet concurrent, rejeté faute de consensus.
Plusieurs États membres expriment aussi leur inquiétude concernant les compétences exactes du Comité de la paix et l’opérationnalité de l’ISF. Les États-Unis ont répliqué en affirmant que « voter contre cette résolution, c’est voter pour un retour à la guerre ». Washington a mis en avant le soutien affiché par plusieurs pays arabes et musulmans, dont le Qatar, l’Égypte, l’Indonésie, le Pakistan, la Jordanie et la Turquie.
Malgré son adoption, la mise en œuvre du plan reste entourée d’incertitudes. Le cessez-le-feu demeure fragile, les mécanismes annoncés sont encore à construire, et les divergences entre les acteurs régionaux persistent. Reste à savoir si cette initiative deviendra un réel chemin vers la paix ou un nouvel épisode d’un processus déjà fragile.