Au Bénin, l’ancien ministre délégué à la Défense nationale, Candide Azannaï, n’est plus libre de ses mouvements. Le président du parti Restaurer l’Espoir (RE) a été interpellé ce vendredi 12 décembre 2025, peu avant midi, à Cotonou. Des proches de l’homme politique confirment l’information.
Quid des circonstances de son interpellation ?
Candide Azannaï a été interpellé près de son domicile, non loin du siège national de son parti à Zogbo, dans la capitale économique. Ses proches évoquent une intervention des forces de l’ordre. Ils ne donnent toutefois aucun détail sur les motifs précis de cette interpellation. Jusqu’à présent, les autorités judiciaires et sécuritaires n’ont publié aucun communiqué officiel.
Figure politique majeure au Bénin depuis plusieurs décennies, Candide Azannaï incarne l’une des voix les plus critiques du régime du président Patrice Talon. Ancien allié du chef de l’État, il avait joué un rôle clé dans son accession au pouvoir en 2016. Par la suite, il avait accepté le poste de ministre délégué chargé de la Défense nationale.
Un an plus tard, il avait quitté le gouvernement. Il avait alors invoqué des désaccords profonds et des raisons de conviction personnelle. Depuis cette rupture, l’ancien ministre multiplie les prises de position tranchées. Il critique régulièrement la gouvernance actuelle. Dans le même temps, il n’épargne pas certains acteurs de l’opposition, qu’il accuse de dérives politiques.
Un contexte post-putsch qui alimente les interrogations
L’interpellation de Candide Azannaï intervient quelques jours après la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025. Lors de son adresse à la nation, le président Patrice Talon avait qualifié les faits de « forfaiture ». Il avait également assuré que les auteurs et complices ne resteraient pas impunis.
Depuis cet épisode, plusieurs arrestations ont été signalées dans différentes localités du pays. Les forces de sécurité s’intéressent notamment aux personnes soupçonnées d’avoir soutenu ou justifié cette tentative de coup de force. Ce climat de vigilance renforcée nourrit de nombreuses interrogations autour de l’arrestation de l’ancien ministre.
Pourtant, Candide Azannaï avait publiquement condamné les événements. Il avait dénoncé une « crapuleuse barbarie » et rejeté toute violence dirigée contre les institutions. Cette position claire alimente aujourd’hui les spéculations sur les raisons exactes de son interpellation.
Par ailleurs, plusieurs mutins arrêtés dès le 7 décembre auraient commencé à livrer leurs déclarations aux enquêteurs. Les autorités cherchent désormais à identifier d’éventuels soutiens ou complicités indirectes.
En attendant des clarifications officielles, l’interpellation de Candide Azannaï ravive les tensions politiques. L’affaire suscite de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique, dans un contexte sécuritaire déjà sensible.