Guinée-Bissau : tentative de coup d’état, le pouvoir de Umaro Sissoco Embaló menacé

octobre 31, 2025

La Guinée-Bissau, pays d’Afrique de l’Ouest souvent secoué par des crises politiques et militaires, se retrouve une nouvelle fois sous les projecteurs. Dans une conférence de presse tenue le 31 octobre 2025, l’état-major a annoncé avoir stoppé une « tentative de subversion de l’ordre constitutionnel », avec l’arrestation de plusieurs officiers supérieurs. Cette annonce intervient à la veille de l’ouverture officielle de la campagne pour les élections générales prévues le 23 novembre, un scrutin déjà marqué par des absences politiques remarquables.

L’armée dit avoir déjoué une « tentative de subversion »

Devant les journalistes, le vice-chef d’état-major, le général Mamadu Turé, a expliqué que l’action déjouée visait « à interrompre le processus électoral ». Le militaire n’a pas fourni de chiffre précis sur le nombre d’officiers arrêtés, mais a confirmé qu’un général de brigade, Daba Nawalna, directeur d’un centre de formation militaire à une trentaine de kilomètres de Bissau, fait partie des personnes appréhendées. Selon Turé, plusieurs autres officiers seraient en fuite.

La communication de l’armée, ferme et solennelle, insiste sur la nécessité de préserver le calendrier électoral. « Nous n’allons jamais permettre à qui que ce soit de perturber le processus électoral. S’il y a des civils impliqués, nous allons les arrêter aussi », a martelé le vice-chef d’état-major. Ce message vise à rassurer un pays dont l’histoire institutionnelle est marquée par l’instabilité : depuis l’indépendance, la Guinée-Bissau a connu quatre coups d’État et une dizaine de tentatives de putsch.

Dans les milieux politiques et parmi la population, réactions et spéculations se multiplient. Qui sont réellement les instigateurs ? Quel rôle jouent des intérêts internes ou externes ? L’absence du PAIGC, parti historique de l’indépendance, et le retrait de son candidat Domingos Simões Pereira pèsent lourd dans le climat politique, rendant le terrain électoral encore plus sensible.

Un scrutin sous haute tension, entre défi sécuritaire et enjeux politiques

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La campagne pour la présidentielle et les législatives doit débuter pour trois semaines. Mais l’arrestation des officiers et l’annonce d’un complot supposé jettent une ombre sur un calendrier déjà fragile. Observateurs et acteurs locaux s’inquiètent : la sécurisation du processus sera-t-elle suffisante pour garantir un vote crédible et apaisé ? Les autorités militaires promettent la fermeté ; les voix civiles appellent au dialogue et à la transparence.

Pour l’instant, la donne est claire : l’armée se veut garante de l’ordre et refuse toute remise en cause du calendrier. Reste à savoir si cette posture suffira à calmer les inquiétudes d’un électorat fatigué par les crises récurrentes. Dans les rues de Bissau, l’ambiance est prudente — entre soulagement de voir une « tentative de subversion » stoppée et crainte qu’une nouvelle flambée d’instabilité n’embrase le pays à l’approche d’un scrutin crucial. Les prochaines semaines seront décisives pour la Guinée-Bissau, pays habitué aux tournants violents, mais qui aspire, comme ses voisins, à des transitions plus stables et démocratiques.

Morgan Dossou

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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