En République centrafricaine, la campagne présidentielle s’ouvre dans un climat tendu. Une requête déposée devant la Cour constitutionnelle vise à disqualifier le président Faustin Archange Touadéra, candidat à un troisième mandat. À travers cette procédure, ses opposants remettent en cause l’éligibilité du chef de l’État et contestent l’interprétation de son identité familiale.
Une requête visant la disqualification du chef de l’État
L’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique (OGD), organisation de la société civile, est à l’origine de cette pétition. Son président, Élysée Nguimalé, soutient que le nom du président Touadéra de Centrafrique signalerait une filiation impossible à établir, ce qui, selon lui, contreviendrait aux exigences constitutionnelles.
Dans sa requête, il affirme que « le nom Touadéra, dans sa langue maternelle, signifie un enfant abandonné par ses oncles maternels ». Se fondant sur l’article 65 du Code de la famille, Nguimalé ajoute que ce nom impliquerait que « le père est inconnu » et que, par conséquent, « son origine est ambiguë ». Pour l’heure, la Cour constitutionnelle a simplement ouvert la phase d’examen. Aucune indication n’a été donnée quant à la recevabilité de cet argument ni sur la date d’un éventuel verdict.
Une réaction ferme du gouvernement
Face à cette initiative, le ministre de l’Administration du territoire, Bruno Yapandé, a rapidement rejeté la requête. Pour lui, elle n’a qu’un objectif : « semer la confusion parmi la population ». Il estime que cette pétition s’inscrit dans une stratégie de déstabilisation à l’approche du scrutin du 28 décembre.
Le président Touadéra brigue un troisième mandat, rendu possible après la suppression de la limitation du nombre de mandats en 2023. Cette réforme, largement contestée à l’époque, lui permet aujourd’hui de prolonger son règne au-delà d’une décennie. La liste définitive des candidats n’a toutefois pas encore été publiée par la Cour constitutionnelle, chargée de trancher avant l’ouverture officielle de la campagne.
Un contexte politique fragilisé par la crise sécuritaire
Cette affaire intervient dans un climat politique déjà tendu. Le gouvernement est notamment accusé de refuser de délivrer un passeport au chef de l’opposition, Anicet Georges Dologuélé, le rendant potentiellement apatride. Un épisode qui a ajouté une dimension supplémentaire aux critiques visant les pratiques administratives du pouvoir.
Le scrutin se déroulera alors que la Centrafrique reste confrontée à une crise sécuritaire persistante. Dans plusieurs régions, l’État peine à rétablir son autorité face aux groupes armés. Dans ce contexte, le président Touadéra continue de rechercher un soutien accru de la Russie, déjà très présente dans le pays pour des missions de sécurité et de formation.