Algérie : le projet de loi sur les partis politiques au cœur d’un vif débat

mars 10, 2026

Le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné la révision du projet d’amendement sur la loi encadrant les circonscriptions électorales et le nombre de sièges à pourvoir pour les élections parlementaires, en associant directement les partis politiques avant l’adoption finale du texte. Une commission de suivi a été créée pour statuer définitivement sur ces points et assurer la transparence du processus.

Les amendements proposés par les députés

Présenté à l’Assemblée populaire nationale par le ministre de l’Intérieur Saïd Sayoud, le projet de loi sur les partis politiques a été modifié par les députés, avec 12 amendements retenus sur 58 proposés. Parmi les changements majeurs :

  • Remplacement du terme « peuple » par « nation » dans les articles fondateurs, pour renforcer l’unité nationale.
  • Enrichissement des « constantes » que doivent respecter les partis : mémoire du peuple, symboles et valeurs de la révolution du 1er Novembre 1954 et des révolutions populaires.
  • Interdiction aux partis d’adopter des positions extrémistes, sectaires ou basées sur des appartenances raciales ou ethniques, ainsi que l’interdiction d’hisser un autre drapeau aux côtés du drapeau national.
  • Alignement de l’âge minimum pour l’adhésion à 18 ans et pour la fondation d’un parti à 23 ans.
  • Limitation des causes d’inéligibilité aux dirigeants aux seuls détournements de fonds publics, corruption, atteinte à la moralité, escroquerie ou abus de confiance.
  • Obligation pour les partis de disposer de structures auprès de la diaspora algérienne afin de préparer les échéances électorales internationales.
  • Introduction d’un article 54 bis garantissant un traitement équitable de l’État envers tous les partis, qu’ils appartiennent à la majorité ou à l’opposition, ainsi que la protection des libertés fondamentales (opinion, expression, réunion, manifestation pacifique).
  • Proposition d’une répartition géographique des membres fondateurs afin de refléter l’ensemble des régions du pays (Sud, Centre, Est, Ouest, Nord).

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Vers une réforme structurante du multipartisme

Le projet, même s’il n’a pas encore été adopté par l’APN, prépare le terrain pour un cadre juridique visant à structurer le multipartisme en Algérie et à prolonger les dispositions de la Constitution. La séance plénière pour le vote final était prévue le 9 mars 2026, et le texte suscite déjà un débat intense sur la manière dont les partis politiques devront s’organiser dans ce nouveau cadre.

Enagnon Wilfried ADJOVI

Enagnon Wilfried ADJOVI

Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je produis des décryptages et analyses approfondies sur les enjeux politiques, économiques et technologiques qui redessinent le continent.

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