Le Comité international de la Croix-Rouge tire la sonnette d’alarme face à l’aggravation de la situation humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Alors que les violences persistent, le sous-financement du plan d’aide freine l’action des humanitaires sur le terrain.
Le CICR dénonce un sous-financement alarmant
Le plan humanitaire destiné à répondre aux besoins croissants en République démocratique du Congo est à ce jour, financé à seulement 15 %, sur les 2,5 milliards de dollars estimés nécessaires. Ce chiffre, rapporté par le CICR, met en évidence l’ampleur du déficit budgétaire affectant les opérations d’assistance dans les régions en crise.
Présent sur le terrain, le CICR observe une détérioration rapide des conditions de vie dans plusieurs zones de l’est du pays, notamment dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. L’organisation relève que les conséquences de cette insuffisance de financement se traduisent déjà par un ralentissement significatif de l’aide fournie aux populations déplacées ou blessées par les combats.
Dans un rapport publié sur le site du CICR, on note que l’environnement sécuritaire et l’insuffisance des ressources financières entravent fortement leur capacité à répondre efficacement aux urgences humanitaires sur place, afin d’impacter positivement la santé des populations.
Une accessibilité aux soins en déclin dans les Kivu
L’une des conséquences directes du sous-financement concerne le système de santé, fragilisé par l’insécurité et le manque de moyens. Selon le CICR, les soins de santé deviennent progressivement inaccessibles dans les provinces du Kivu. De nombreux centres médicaux souffrent d’une grave pénurie de matériel médical, de médicaments essentiels et de personnel soignant.
Cette situation complique la prise en charge des personnes blessées lors d’affrontements armés ou déplacées par les violences, dans un contexte marqué par la récurrence des conflits et l’augmentation des besoins. L’organisation humanitaire souligne que plusieurs structures médicales n’ont plus la capacité de fonctionner normalement, menaçant la survie de milliers de civils vulnérables.
Face à ces constats, le CICR appelle à une mobilisation urgente des bailleurs internationaux pour permettre la poursuite des activités de secours et rétablir un accès minimal aux soins dans les zones les plus touchées.