Le classement de la Banque mondiale sur la performance des ports à conteneurs redistribue les cartes logistiques sur le continent africain. Pour l’édition 2024, trois plateformes maritimes s’imposent dans ce panorama. Il s’agit de Tanger Med au Maroc, de Port Said en Égypte et, plus récemment, de Dakar au Sénégal. L’analyse du dernier indice CPPI (Container Port Performance Index) met en évidence deux dynamiques. D’un côté, des trajectoires ascendantes spectaculaires. De l’autre, des zones de stagnation persistantes.
Ports leaders : Tanger et Port Said confirment, Dakar surprend
Selon les données compilées par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence, deux ports nord-africains figurent dans le peloton de tête mondial. Ils se distinguent par leur performance logistique. Le port égyptien de Port Said se hisse à la troisième place avec un score de 137. Il devance le complexe marocain de Tanger Med, classé cinquième avec 136 points. Ces deux plateformes consolident ainsi leur rôle dans les corridors de commerce Europe–Afrique–Asie. Elles bénéficient d’une automatisation poussée et de connexions terrestres efficaces.
Cependant, l’élément le plus marquant de l’édition 2024 reste la progression fulgurante du port de Dakar. Celui-ci bondit dans le classement après avoir enregistré un score négatif l’année précédente. Grâce à un gain de 105 points, le terminal sénégalais devient le plus performant d’Afrique subsaharienne. Cette avancée le positionne comme un acteur stratégique sur la façade atlantique. Elle s’appuie sur des investissements ciblés et sur des réformes opérationnelles.
Inégalités portuaires : entre excellence et stagnation logistique
Ce classement met également en lumière un écart croissant entre les ports performants et ceux à la traîne. Plusieurs infrastructures situées en Afrique centrale et australe figurent parmi les moins bien classées au monde. Leur faible performance s’explique souvent par un manque d’automatisation. De plus, la connectivité avec l’arrière-pays reste déficiente, et la gouvernance logistique est souvent fragile. Par ailleurs, les tensions géopolitiques régionales ont amplifié les difficultés. En 2024, les attaques de navires en mer Rouge par des milices ont perturbé le trafic vers l’Afrique orientale. Ce facteur externe a affecté la fluidité des échanges dans une conjoncture déjà délicate.
Les contrastes révélés par l’indice CPPI soulignent l’urgence d’une modernisation plus homogène du tissu portuaire africain. Bien que Tanger, Port Said en Égypte et Dakar au Sénégal représentent des modèles d’efficacité, leur réussite souligne aussi les retards accumulés par d’autres zones côtières.