L’actrice Téné révèle l’envers du décor du cinéma burkinabè

janvier 3, 2026

À 73 ans, Odilia Yoni, figure emblématique du cinéma burkinabè, livre un témoignage qui interpelle. Connue du grand public pour son rôle marquant dans la série Trois femmes, un village, l’actrice révèle une réalité souvent ignorée. Malgré des décennies de carrière, elle affirme n’avoir jamais perçu de cachet conséquent. Pour elle, le métier d’artiste relevait avant tout de la passion, bien plus que d’une source de revenus stable.

Une carrière riche, mais peu rémunérée

Odilia Yoni explique que, durant sa carrière, les conditions de travail restaient très précaires. À l’époque, les productions manquaient de moyens. De plus, les contrats formels étaient rares. Ainsi, les acteurs acceptaient de jouer pour des sommes symboliques, parfois entre 10 000 et 20 000 francs CFA.

Cependant, cette situation n’était pas vécue comme une injustice sur le moment. Au contraire, beaucoup d’artistes voyaient leur engagement comme une contribution à la culture nationale. Pourtant, avec le recul, l’actrice reconnaît que ce modèle a laissé de nombreux talents sans protection sociale. Par conséquent, plusieurs figures du cinéma vivent aujourd’hui dans la difficulté.

En outre, le manque de structuration du secteur n’a pas permis aux comédiens de défendre leurs droits. Les revenus restaient irréguliers. Parfois même, ils étaient inexistants malgré le succès populaire des œuvres.

Un appel à repenser le statut des artistes

Aujourd’hui, le témoignage d’Odilia Yoni relance le débat sur la reconnaissance des artistes au Burkina Faso. Selon elle, il devient urgent de professionnaliser le milieu. D’abord, cela passe par des contrats clairs. Ensuite, il faut instaurer des mécanismes de protection sociale adaptés.

Par ailleurs, plusieurs observateurs estiment que l’État et les producteurs doivent jouer un rôle plus actif. Le cinéma et la télévision contribuent à l’image du pays. Pourtant, ceux qui portent ces œuvres restent souvent oubliés.

Enfin, ce récit rappelle que la passion ne doit plus justifier la précarité. La culture mérite des investissements durables. Grâce à des voix comme celle d’Odilia Yoni, le débat gagne en visibilité. Et peut-être, demain, les artistes burkinabè pourront vivre dignement de leur art.

Morgan Dossou

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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