Ces pays où la génération Z a réussi à faire tomber le pouvoir grâce aux réseaux sociaux

octobre 6, 2025

Partout, des jeunes ultra-connectés prennent la rue et font reculer des pouvoirs en place. Du Népal au Bangladesh, jusqu’à Madagascar, la génération Z utilise les réseaux sociaux comme levier de mobilisation et réussit là où bien des partis ont échoué.

Des chutes de gouvernements liées à des soulèvements Gen Z

Le Népal incarne la réussite la plus spectaculaire de cette nouvelle forme de contestation. En septembre 2025, un mouvement coordonné via Discord et TikTok a conduit à la démission du Premier ministre, après des jours de protestation dans les rues de Katmandou. Les jeunes manifestants ont mis à profit leur agilité numérique pour contourner la censure, diffuser leurs revendications et mobiliser largement, sans passer par les partis traditionnels.

Des chutes de gouvernements liées à des soulèvements Gen Z
Manifestant népalais dans la rue. Image Reuters

Au Bangladesh, une mobilisation étudiante de grande ampleur a provoqué en 2024 le départ de la Première ministre Sheikh Hasina. Les réseaux sociaux ont une nouvelle fois joué un rôle clé dans la structuration du mouvement, en permettant une expression massive, rapide et transversale.

Le Sri Lanka, déjà fragilisé économiquement, a vu en 2022 les protestations de sa jeunesse aboutir à la chute du clan Rajapaksa. L’indignation, nourrie par une crise sociale profonde, a été portée en ligne et amplifiée par des campagnes virales.

Quand la pression populaire pousse le pouvoir à reculer

À Madagascar, la génération Z a pris les devants fin septembre 2025 en lançant un mouvement citoyen baptisé “Gen Z Madagascar”. Ce groupe informel, sans leader officiel, s’est organisé en ligne pour dénoncer la corruption et l’inaction des élites. La contestation a gagné les rues d’Antananarivo, provoquant des affrontements meurtriers. Si le président est resté en place, la pression a été telle qu’un nouveau Premier ministre a été nommé.

Au Maroc, la jeunesse agit sous la bannière “GenZ 212”. Ce mouvement, né sur les réseaux sociaux, réclame la dissolution du gouvernement. Les revendications portent sur les services publics, la lutte contre la corruption et l’accès équitable aux opportunités. Bien qu’aucun renversement n’ait encore eu lieu, le gouvernement est confronté à une fronde inédite, alimentée par la méfiance vis-à-vis des partis politiques.

Une génération sans chef, mais avec une stratégie

Ce qui relie ces mouvements dépasse les frontières. Des jeunes désabusés par les promesses trahies rejettent les hiérarchies traditionnelles et s’organisent avec une aisance numérique saisissante. Discord, TikTok ou X deviennent des quartiers généraux où chacun coordonne, s’exprime et agit.

Leur force réside dans leur horizontalité, leur capacité à inventer un langage militant accessible et à diffuser des messages viraux. Ils empruntent aux codes de la pop culture (comme le drapeau de One Piece), détournent les discours politiques et révèlent un fossé générationnel majeur. La génération Z ne se limite plus à observer ce qui se passe. En renversant des gouvernements ou en les poussant à reculer, elle redéfinit son rapport au pouvoir avec des exigences de transparence, d’inclusivité et de nouvelles formes de démocratie.

morgan dossou africactu auteur

Morgan DOSSOU

Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je produis des décryptages et analyses approfondies sur les enjeux politiques, économiques et technologiques qui redessinent le continent.

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