Madagascar : Le président Rajoelina dissout son gouvernement face à la contestation

septembre 30, 2025

À Madagascar, le pouvoir tente une manœuvre d’apaisement après plusieurs jours de manifestations menées par la jeunesse. Sous pression, le président Andry Rajoelina a limogé son gouvernement et annoncé une série de mesures pour répondre aux revendications d’une population en colère. Mais cette décision suffira-t-elle à calmer une fronde qui prend de l’ampleur ?

Un geste fort face à la Gen Z

Lors d’une allocution solennelle, Andry Rajoelina a confirmé la dissolution de son gouvernement. Le chef de l’État a justifié cette décision en reconnaissant des failles dans son équipe : « l’incapacité de certains membres du gouvernement à accomplir les tâches attendues par la population ». Il a aussi présenté ses « excuses » et annoncé la mise en place « d’un espace de concertation » destiné à donner la parole aux citoyens, et notamment à la jeunesse.

Cette initiative intervient dans un climat social tendu. Le quotidien L’Express rappelle que la Génération Z exigeait la démission du gouvernement dans un délai de 72 heures. En agissant plus tôt, Rajoelina cherche à reprendre la main. Il a également promis un changement de cap en matière de gestion publique, citant l’énergie comme domaine prioritaire pour plus de transparence.

Un nouveau cap politique en préparation

Selon Jeune Afrique, le président a annoncé qu’un nouveau Premier ministre serait désigné dans les trois jours, suivi de la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale dans la semaine. Cette décision intervient alors que le Parlement se prépare à une session extraordinaire. Certains élus évoquent la possibilité d’une motion d’empêchement qui pourrait menacer le mandat de Rajoelina si elle obtenait les deux tiers des voix.

Pour Madagascar Tribune, la démission du gouvernement n’éteint pas la contestation. Le mouvement Gen Z pourrait au contraire s’amplifier, surtout si des partis politiques et des syndicats décident de rejoindre la rue. De son côté, Afrik.com souligne que les manifestants réclament désormais non plus seulement un changement d’équipe ministérielle, mais le départ du président lui-même.

L’histoire politique de Madagascar rend la situation encore plus sensible. Depuis l’indépendance en 1960, le pays a connu plusieurs crises majeures. Rajoelina lui-même avait accédé au pouvoir en 2009 à la suite d’un soulèvement contre Marc Ravalomanana, avant d’être élu en 2018 puis en 2023 lors de scrutins contestés.

Le limogeage du gouvernement constitue un signal fort, mais son efficacité reste incertaine. Pour Ledjely, seule « l’ouverture d’un dialogue sincère avec la jeunesse et l’opposition » pourrait restaurer la confiance. Faute de réformes profondes et visibles, la contestation pourrait devenir le catalyseur d’un basculement politique inédit. Le président se retrouve donc face à un dilemme : engager une transformation réelle de la gouvernance ou risquer de voir l’histoire se répéter, avec une transition imposée par la rue.

Morgan Dossou

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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