La Gen Z défie le pouvoir à Madagascar

octobre 9, 2025

La jeunesse malgache prend la parole et refuse les règles du jeu politique traditionnel. Face aux coupures d’eau, aux délestages et à une gouvernance qu’elle juge déconnectée, la génération Z appelle à une grève générale et tourne le dos aux négociations proposées par le président.

Une génération connectée qui rejette le pouvoir en place

Tout a commencé le 25 septembre. Ce jour-là, des coupures massives d’électricité et d’eau ont frappé la capitale Antananarivo et plusieurs autres villes. Très vite, les réseaux sociaux se sont enflammés. La colère a trouvé un écho chez les jeunes, nombreux à dénoncer un quotidien devenu invivable.

C’est dans ce contexte qu’un collectif, nommé Gen Z, a émergé. Il regroupe des jeunes issus de différents milieux. Ils ne se reconnaissent plus dans le système politique actuel. Leur mot d’ordre est clair : changer les règles du jeu.

Le président Andry Rajoelina a tenté d’ouvrir le dialogue. Il a convoqué une réunion nationale avec les forces vives du pays. Mais le collectif a refusé d’y participer. Pour eux, ce rendez-vous ne répond pas aux attentes réelles de la population. Ils dénoncent une opération de communication.

À la place, ils appellent à une grève générale, avec un rassemblement prévu dans le centre-ville d’Antananarivo. L’objectif est de montrer que la jeunesse ne veut plus rester en marge des décisions.

Le président choisit la voie militaire pour reprendre le contrôle

Face à cette contestation, le chef de l’État a pris des décisions fortes. Il a dissous le gouvernement. Puis, il a nommé un militaire au poste de Premier ministre. Plusieurs portefeuilles ont été confiés à des figures issues de l’armée, de la gendarmerie et des services de sécurité.

Ce choix a provoqué des réactions vives. Beaucoup y voient un retour à une gestion autoritaire du pouvoir. Plutôt que d’ouvrir la voie au dialogue, ces nominations renforcent le sentiment de défiance.

La tension ne cesse de monter. De nouveaux groupes rejoignent la mobilisation. Les étudiants en médecine se sont déclarés solidaires. D’autres collectifs de jeunes s’organisent en ligne.

Des affrontements ont déjà eu lieu entre les manifestants et les forces de l’ordre. Le climat se durcit. La capitale se prépare à une journée de grève qui pourrait paralyser les activités économiques et administratives.

Une jeunesse en quête de justice sociale et de changement durable

Au-delà des revendications de départ, le mouvement s’élargit. Il ne s’agit plus seulement de réclamer de l’eau ou de l’électricité. La Gen Z conteste un système tout entier. Elle accuse les élites politiques de privilégier leurs intérêts personnels au détriment du bien commun.

Les jeunes réclament plus de transparence, une meilleure répartition des richesses et un avenir viable dans leur propre pays. Ils s’inspirent d’autres mouvements africains. Au Sénégal, le collectif Y’en a marre avait lancé un appel similaire. Au Nigeria, les jeunes ont protesté contre les violences policières avec le mouvement End SARS.

Ces exemples nourrissent la mobilisation malgache. Les manifestants échangent des idées, des slogans et des stratégies en ligne. Ils se forment, s’informent, et refusent la résignation.

À travers cette grève générale, ils veulent montrer que leur génération n’est pas apathique. Elle est déterminée à obtenir des changements concrets. Le gouvernement malgache peut encore choisir d’écouter ces voix. Mais il devra le faire sans masquer la réalité derrière des opérations de façade.

Morgan Dossou
morgan dossou africactu auteur

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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