Ghana : Les importations de pâtes interdites par voie terrestre

mars 12, 2026

Le Ghana a décidé d’interdire l’importation de pâtes alimentaires par voie terrestre afin de lutter contre la contrebande et soutenir sa production locale. Cette mesure intervient quelques jours après l’inauguration de la première usine nationale de transformation de pâtes. Les autorités souhaitent ainsi protéger cette nouvelle industrie et réduire la dépendance du pays aux importations. Explications.

Une décision pour soutenir l’industrie locale

Le ministère ghanéen des Finances a annoncé l’interdiction des importations terrestres de pâtes afin de limiter l’entrée de produits introduits illégalement dans le pays. Les autorités estiment que ces marchandises, souvent moins chères, fragilisent les entreprises locales et réduisent les recettes fiscales de l’État.

Cette décision intervient peu après l’ouverture d’une nouvelle usine de transformation de pâtes exploitée par l’entreprise Olam Agri. Le gouvernement souhaite garantir à cette industrie naissante un environnement favorable face à la concurrence des produits importés.

D’autres restrictions ont également été introduites sur plusieurs produits, notamment l’huile de cuisson, le riz, le sucre, les textiles et certains aliments surgelés.

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Un marché important pour les pâtes alimentaires

La consommation de pâtes est particulièrement élevée au Ghana. Le pays est considéré comme l’un des principaux marchés du continent pour ce produit.

Entre 2021 et 2024, les importations de pâtes ont atteint environ 140 millions de dollars, ce qui place le Ghana au rang de deuxième importateur africain après le Togo. Cette popularité s’explique en partie par les habitudes alimentaires locales. Les pâtes, appelées localement « talia », accompagnent souvent le waakye, un plat traditionnel à base de riz et de haricots très consommé au petit déjeuner ou au déjeuner.

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Une usine capable de couvrir une grande part de la demande

La nouvelle usine de transformation devrait produire environ 40 000 tonnes de pâtes à base de blé par an. Cette capacité pourrait couvrir près de 40 % de la demande nationale. Selon l’entreprise Olam Agri, le projet devrait également générer environ 300 emplois directs et indirects dans plusieurs domaines, notamment la production, l’ingénierie, la logistique et la distribution.

Le président John Dramani Mahama a souligné l’importance de protéger cette nouvelle industrie contre les produits introduits illégalement par les frontières terrestres. Le gouvernement espère que cette initiative contribuera à réduire la facture des importations alimentaires et à stimuler la production nationale.

Toutefois, l’impact sur la balance commerciale pourrait rester limité, car l’usine dépend encore de blé importé pour sa production. Malgré cela, les autorités considèrent cette mesure comme une étape importante pour renforcer l’industrie agroalimentaire du pays et soutenir l’emploi local.

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Enagnon Wilfried ADJOVI

Enagnon Wilfried ADJOVI

Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je produis des décryptages et analyses approfondies sur les enjeux politiques, économiques et technologiques qui redessinent le continent.

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