Plongé dans une atmosphère politique tendue, le coup d’État manqué au Bénin de Pascal Tigri a surpris de nombreux observateurs africains en décembre 2025. Bien que rapidement déjouée, cette tentative de renversement du gouvernement a révélé des fractures internes profondes et des tensions sociales latentes dans un pays longtemps perçu comme un exemple de stabilité démocratique en Afrique de l’Ouest. Cette analyse exhaustive examine les faits, les acteurs, le contexte socio-politique, et les implications de cet événement sur la scène béninoise et régionale. L’objectif est d’apporter une compréhension claire et structurée pour tout lecteur intéressé par les dynamiques politiques africaines.
Le contexte politique au Bénin avant l’événement
Avant le coup d’État manqué au Bénin de Pascal Tigri, le pays avait connu une stabilité démocratique depuis 1990. Il faut dire que des critiques persistantes portaient sur la restriction de l’espace politique et la marginalisation de l’opposition.
Le régime de Patrice Talon
Le président Patrice Talon, en fonction depuis 2016, avait consolidé son pouvoir à travers des réformes politiques et économiques. Cette consolidation s’est accompagnée de controverses sur l’inclusion politique et le rôle des forces de sécurité, ce qui a créé des mécontentements au sein de certains segments de la société et de l’armée.
Tensions sécuritaires régionales
L’insécurité croissante dans le nord du pays, liée aux activités de groupes armés venant du Sahel, a accentué les pressions sur les autorités. Certains militaires ont utilisé ces frustrations sécuritaires comme justification pour leur tentative de prise de pouvoir.
Déroulement de la tentative de coup d’État
Le 7 décembre 2025, un groupe de soldats militaires a lancé une action audacieuse confiée au lieutenant-colonel Pascal Tigri.
L’annonce sur la télévision nationale
Aux premières heures de la journée, des soldats ont pris possession de la télévision béninoise et déclaré la dissolution du gouvernement. Ils avaient annoncé la création d’un « Comité militaire pour la refondation » (CMR), avec Tigri à sa tête. Ils ont affirmé avoir renversé le président Patrice Talon et suspendu la constitution.
Réaction des forces loyalistes
Peu après l’annonce, les forces loyalistes à l’État ont riposté rapidement. L’armée régulière, soutenue par des appuis régionaux, a regagné le contrôle des institutions clés. Le gouvernement a vite déclaré que la tentative de coup avait été neutralisée dans la journée et que la sécurité était restaurée.
Qui est Pascal Tigri et pourquoi ce putsch ?

Pascal Tigri est un officier de l’armée béninoise jusque-là relativement méconnu du grand public.
Profil et montée en visibilité
Avant l’événement, Tigri dirigeait des unités militaires mais n’était pas une figure politique majeure. Sa montée soudaine comme leader du putsch a surpris même des analystes expérimentés.
Motifs avancés par les mutins
Les putschistes ont évoqué des griefs envers le gouvernement, notamment l’insécurité dans certaines régions, la gestion des ressources, et la dégradation des conditions de vie des soldats et de leurs familles. Ils ont aussi critiqué ce qu’ils ont perçu comme un manque d’écoute des préoccupations militaires.
Réponse africaine et internationale
L’événement a suscité des réactions significatives sur le plan régional.
Rôle de la CEDEAO et des pays voisins
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a fermement condamné la tentative de putsch, rappelant l’importance de préserver l’ordre constitutionnel. Des forces d’appoint de plusieurs pays voisins ont été positionnées pour soutenir le gouvernement béninois.
Soutien logistique international
Outre les appuis régionaux, certaines puissances comme la France ont fourni une assistance logistique et de renseignement pour aider à contrer l’opération, soulignant la coopération continue pour stabiliser la région.
Conséquences immédiates et procès des mutins
La justice béninoise a engagé des procédures rigoureuses à l’encontre des personnes impliquées dans le putsch.
Arrestations et inculpations
Des dizaines de militaires et civils ont été arrêtés et mis en examen pour des infractions graves telles que trahison et atteinte à la sécurité de l’État. Les procès sont en cours et pourraient influer sur les relations civilo-militaires au Bénin.
Fuite et localisation de Pascal Tigri
Tigri lui-même aurait réussi à prendre la fuite, avec des rapports indiquant une possible présence à Lomé, au Togo, ce qui alimente les discussions diplomatiques sur l’extradition et la coopération régionale.
Bon à savoir
• Le Bénin n’avait pas connu de coup d’État réussi depuis plusieurs décennies, ce qui rend cet événement particulièrement notable.
• La CEDEAO dispose d’une force en attente dédiée à contrer précisément ce type de menace constitutionnelle.
Impacts politiques et sociaux à long terme
L’échec de ce putsch soulève des questions plus larges sur l’avenir politique du Bénin.
Confiance dans les institutions
La tentative avortée peut être vue comme un signal d’alarme quant à la fragilité potentielle des institutions démocratiques, malgré la forte réaction loyaliste.
Impératifs de réforme
Plusieurs voix africaines appellent désormais à des réformes structurelles pour renforcer la transparence, la gestion des forces de défense et l’inclusion politique, afin d’éviter de futurs épisodes similaires.
Ce que révèle l’événement
• La capacité de réaction rapide des forces loyalistes et leur engagement envers l’ordre constitutionnel.
• Les fractures internes au sein de l’armée béninoise et les frustrations accumulées.
• Le rôle de la coopération régionale et internationale dans la préservation de la démocratie.
Ce qu’il faut retenir
Le coup d’État manqué au Bénin de Pascal Tigri marque un tournant inédit dans l’histoire politique récente du Bénin. Bien que neutralisé en quelques heures, cet événement illustre des tensions profondes entre les aspirations démocratiques et les défis sécuritaires, économiques et institutionnels. Il met en lumière l’importance de renforcer les mécanismes de dialogue civil-militaire. Ainsi que la nécessité d’une gouvernance inclusive pour apaiser les frustrations légitimes. Alors que les procès des mutins se poursuivent et que les autorités cherchent à assurer la paix, ce putsch manqué sera sans doute étudié comme un cas d’école des dynamiques politiques contemporaines en Afrique.
FAQ
Qu’est-ce que le comité militaire pour la refondation (CMR) ?
Le CMR était le groupe autoproclamé par les soldats mutins lors du putsch. Il est dirigé par Pascal Tigri et déclarait avoir renversé le gouvernement.
Pourquoi Pascal Tigri a-t-il lancé cette tentative ?
Les putschistes ont avancé des motifs liés à l’insécurité, à la gestion des forces armées. Aussi, le mécontentement face à certaines politiques gouvernementales.
Le coup d’État a-t-il réussi ?
Non. Les forces loyalistes, avec le soutien régional et international, ont rapidement repris le contrôle et déclaré la tentative neutralisée.
Quels pays ont soutenu le Bénin ?
Des troupes et du soutien logistique sont venus de pays de la CEDEAO. Le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Ghana, et des appuis comme la France ont été signalés.
Quel avenir pour Pascal Tigri ?
Selon plusieurs sources, il serait en fuite, potentiellement au Togo, et fait l’objet de demandes d’extradition.