Un coup de filet d’une ampleur exceptionnelle vient de frapper le narcotrafic international. Le 22 septembre, la marine française a intercepté près de 10 tonnes de cocaïne au large du golfe de Guinée, sur un navire sans pavillon. La valeur marchande de cette cargaison dépasse le demi-milliard d’euros. Cet événement confirme le rôle stratégique de la zone comme carrefour du trafic mondial de drogue.
Une opération navale d’envergure
« La saisie atteint 9,6 tonnes de cocaïne », a indiqué le procureur de Brest, Stéphane Kellenberger, qui a salué une « coopération fructueuse et fluide avec la Marine nationale ». Le navire intercepté, dépourvu d’immatriculation, a été arraisonné puis coulé après l’opération. Une arme automatique et des munitions ont également été retrouvées à bord.
Les six membres d’équipage ont été placés sous « mesure restrictive privative de liberté ». Ils seront transférés à la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Fort-de-France, en Martinique, où ils risquent au moins 20 ans de prison.
Un axe privilégié pour le trafic international
Selon le préfet maritime de l’Atlantique, Jean-François Quérat, « le bateau était probablement en transit vers l’Europe ». Il n’a pas souhaité préciser la nationalité de l’équipage, mais a souligné que les bâtiments français étaient désormais équipés pour retenir les trafiquants. Contrairement à certaines opérations où les navires reprennent leur route après saisie, celui-ci a été immobilisé et détruit.
L’intervention a été menée dans le cadre de la mission Corymbe, qui assure une présence quasi continue dans le golfe de Guinée. Depuis le début de 2025, plus de 45 tonnes de drogue ont déjà été saisies dans la région. En août et en mars, d’autres opérations avaient permis de confisquer chacune plus de six tonnes de cocaïne.
Cette interception confirme la place centrale du golfe de Guinée dans les routes du narcotrafic reliant l’Amérique latine à l’Europe. Si la saisie de 9,6 tonnes illustre l’efficacité de la coopération navale internationale, elle révèle aussi l’ampleur des flux qui traversent la région. Pour les forces françaises, chaque opération réussie souligne l’importance d’une vigilance permanente. Mais la multiplication des prises laisse entrevoir une réalité inquiétante : la pression du trafic reste forte et l’Atlantique africain demeure l’un des points névralgiques du crime organisé mondial.