Mali : Assimi Goïta resserre le contrôle autour des mines

janvier 23, 2026

Le gouvernement malien a créé un nouveau poste de ministre chargé exclusivement du secteur minier. Cette décision a été prise par le président de la transition, Assimi Goïta. Elle intervient dans un contexte de réorganisation institutionnelle visant le secteur aurifère, qui représente une part essentielle des recettes publiques du pays.

Qu’est-ce qui change avec la création d’un poste de ministre dédié aux mines au Mali ?

La création du poste de ministre chargé des mines au Mali modifie l’architecture institutionnelle du secteur extractif. Jusqu’à présent, la politique minière relevait du ministère des Mines, qui assurait la régulation, le suivi des permis et le contrôle du respect du cadre légal.

Avec ce nouveau poste, certaines compétences sont transférées. Le ministre est désormais chargé de superviser la mise en œuvre de la politique minière, de contrôler l’application du code minier et d’examiner les rapports transmis par les détenteurs de titres miniers. Ces attributions renforcent le rôle de la présidence dans la gestion du secteur.

Un secteur clé pour l’économie malienne

Le secteur minier constitue la principale source de revenus d’exportation du Mali. Le pays figure parmi les premiers producteurs d’or en Afrique. L’activité aurifère contribue de manière significative au budget national et à l’emploi.

Plusieurs consultations nationales organisées ces dernières années ont souligné la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle. Elles ont notamment mis en avant les questions de sécurité des sites, de conformité réglementaire et d’impact sur les communautés locales. La création de ce poste répond à ces préoccupations institutionnelles.

Un renforcement du cadre de supervision

La nomination d’un ministre dédié permet une coordination directe entre la présidence et les administrations concernées. Ce dispositif vise à assurer un suivi plus centralisé des activités minières. Il s’inscrit dans un processus de réforme engagé depuis plusieurs années.

Le nouveau ministre agit en complément des structures existantes. Son rôle porte principalement sur l’orientation stratégique et le contrôle des engagements contractuels des opérateurs.

Hilaire Bebian Diarra nommé ministre chargé des mines

Assimi Goïta a nommé Hilaire Bebian Diarra à la tête de ce nouveau portefeuille. Le responsable est un spécialiste des sciences de la terre. Il a exercé au sein de la société minière canadienne Barrick Mining avant de rejoindre les cercles gouvernementaux maliens.

Sa nomination intervient après son entrée au gouvernement l’année précédente. Il participait alors aux discussions relatives au contrôle du complexe minier de Loulo-Gounkoto.

Un acteur impliqué dans les négociations minières

Hilaire Bebian Diarra a été nommé conseiller spécial à la présidence lors des discussions entre l’État malien et certains opérateurs étrangers. Ces négociations portaient sur l’augmentation des taxes et la participation accrue de l’État dans les projets miniers.

Son implication dans ces dossiers lui a permis d’acquérir une connaissance approfondie des cadres contractuels et des enjeux techniques du secteur. Cette expérience constitue un élément central de sa nomination.

Une nomination liée aux réformes en cours

La promotion de Diarra s’inscrit dans un contexte de réformes structurelles. Le gouvernement cherche à renforcer le suivi des engagements pris par les entreprises minières. Cette orientation concerne à la fois les aspects fiscaux, environnementaux et sociaux.

Le nouveau ministre est chargé de coordonner ces priorités avec les administrations concernées, dans le respect des textes en vigueur.

Le code minier de 2023 et ses impacts sur la production d’or

La création de ce poste intervient après l’adoption du code minier de 2023, qui a introduit des règles plus strictes pour les opérateurs. Selon les autorités, ce cadre a permis de récupérer 761 milliards de francs CFA d’arriérés.

Ce code prévoit une révision des conditions fiscales et contractuelles. Il renforce également les obligations des entreprises en matière de transparence et de conformité.

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Des tensions avec certains opérateurs

L’application du nouveau code a entraîné des discussions prolongées avec plusieurs sociétés minières. Un différend avec Barrick Mining s’est étendu sur près de deux ans. Cette situation a affecté certaines activités.

Selon des données provisoires du ministère des Mines, la production d’or industrielle a reculé de 23 % en 2025. Cette baisse est intervenue dans un contexte de renégociation des cadres opérationnels.

Une nouvelle phase de gouvernance minière

Le poste de ministre chargé des mines vise à accompagner l’application du code minier. Il permet un suivi institutionnel renforcé des engagements pris par les acteurs du secteur.

Les autorités entendent poursuivre la réforme du secteur minier en s’appuyant sur ce dispositif. Celui-ci s’inscrit dans une démarche de structuration administrative et de contrôle des ressources extractives, dans le cadre légal en vigueur.

morgan dossou africactu auteur

Morgan DOSSOU

Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je produis des décryptages et analyses approfondies sur les enjeux politiques, économiques et technologiques qui redessinent le continent.

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