Pénurie de carburant : la guerre en Iran fait flamber les prix du gazole en France et en Afrique

mars 27, 2026

La guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz continuent de secouer les marchés mondiaux de l’énergie. En France, la situation est devenue suffisamment critique pour que le gouvernement prenne une mesure sans précédent : autoriser temporairement la vente d’un gazole moins résistant au froid dans les stations-service. Une décision qui illustre l’ampleur d’une crise énergétique mondiale dont l’Afrique ressent déjà durement les effets.

Une dérogation exceptionnelle en France

Publiée jeudi 26 mars au Journal officiel, la décision de la ministre déléguée à l’énergie autorise les distributeurs à commercialiser un gazole dont la température limite de filtrabilité est de 0°C maximum, au lieu de -15°C habituellement exigé. Ce carburant, normalement interdit à la vente, est valable jusqu’au 31 mars 2026. Les distributeurs sont tenus d’informer leurs clients des risques liés à son utilisation, notamment dans les zones montagneuses. Les automobilistes assument quant à eux l’entière responsabilité de tout problème mécanique pouvant survenir.

Selon Bercy, cette mesure permettra d’augmenter de 20 % la production de gazole sur le site de Rhône Energies à Fos-sur-Mer. L’objectif est clair : mettre davantage d’hydrocarbures en circulation pour stabiliser le marché et renforcer la souveraineté énergétique de la France.

Une flambée historique des prix

Les chiffres sont alarmants. En France, les prix du gazole ont bondi de près de 29 % depuis le 27 février 2026, veille de l’attaque israélo-américaine sur l’Iran. À l’origine de cette flambée, le quasi-blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite normalement 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux. Cette paralysie a provoqué une hausse d’environ 60 % des cours du brut. Le jeudi 26 mars, le baril de brent s’échangeait à 108,80 dollars, soit une hausse de 6,44 % en une seule journée.

A LIRE AUSSI : Mali : l’approvisionnement en carburant s’améliore après la hausse des importations

L’Afrique, grande victime de la crise

Si la France dispose encore de raffineries et de réserves stratégiques pour amortir le choc, l’Afrique se retrouve dans une position bien plus fragile. Le continent importe la majorité de ses produits pétroliers raffinés, et la flambée des cours mondiaux se répercute directement sur les prix à la pompe. Au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Cameroun ou encore en RDC, les populations font face à une hausse brutale du coût du carburant, avec des files d’attente croissantes dans les stations-service.

Le secteur agricole et le transport sont particulièrement touchés. Le gazole est indispensable aux groupes électrogènes, aux pompes à eau et aux engins agricoles. Une pénurie prolongée pourrait ainsi aggraver l’insécurité alimentaire dans plusieurs régions du continent.

Cette crise rappelle avec force l’urgence pour l’Afrique d’investir dans la transformation locale de ses ressources énergétiques et de diversifier ses sources d’approvisionnement. En attendant, la pénurie de carburant s’impose comme une réalité quotidienne pour des millions d’Africains.

Vidéo de Guerre au Moyen-Orient : des détaillants kényans en pénurie …
Jérôme-loick ADEGBOLA A

Jérôme-loick ADEGBOLA

Rédacteur web passionné, je couvre l'actualité africaine et les grandes tendances mondiales. Je produis des contenus variés et hautement optimisés SEO, pensés pour être lus et trouvés sur Google.

Voir les articles de Jérôme-loick

Laisser un commentaire