Prix du carburant en Afrique : entre soulagement au Sud et tensions au Nord

janvier 8, 2026

Le prix du carburant en Afrique continue de refléter les fortes disparités économiques et politiques du continent. Tandis que l’Afrique du Sud enregistre une baisse notable des prix à la pompe en janvier, offrant un répit bienvenu aux automobilistes, l’Algérie fait face à une situation inverse. Une hausse discrète mais généralisée des prix du carburant y a déclenché une grève massive des transporteurs et ravivé les tensions sociales. Ces deux trajectoires opposées illustrent les enjeux majeurs liés à l’énergie, au pouvoir d’achat et à la stabilité sociale sur le continent africain.

L’Afrique du Sud soulagée par la baisse des prix

En Afrique du Sud, les automobilistes ont accueilli favorablement la baisse des prix du carburant entrée en vigueur le 7 janvier. Après les fortes hausses observées en décembre, cette diminution apporte un soulagement réel. Le sans plomb 93 a baissé de 62 centimes par litre, tandis que le sans plomb 95 a reculé de 66 centimes. Cette baisse concerne l’ensemble du territoire, avec des variations selon les provinces.

Dans la province de Gauteng, le prix du sans plomb 95 est ainsi passé de 21,41 rands à 20,75 rands le litre. Dans les régions côtières, il s’établit désormais à 19,92 rands. Cette évolution améliore temporairement le budget des ménages, très affecté par l’inflation et le coût élevé des transports.

Le diesel et le kérosène fortement impactés

Les utilisateurs de diesel bénéficient d’une baisse encore plus marquée. Le diesel à faible teneur en soufre a vu son prix diminuer jusqu’à 1,50 rand par litre. Le kérosène suit la même tendance, avec une réduction pouvant atteindre 1,48 rand par litre. Ces baisses profitent directement aux secteurs du transport et de la logistique.

Toutefois, tous les carburants ne sont pas concernés. Le gaz de pétrole liquéfié (GPL) enregistre une hausse modérée. Son prix augmente de 21 centimes par kilogramme au niveau national. Malgré cela, l’impact global reste positif pour l’économie sud-africaine.

Selon le ministère des Ressources minérales et pétrolières, cette évolution s’explique par la baisse des cours mondiaux du pétrole. Le prix moyen du Brent est tombé à 61,47 dollars, contre 63,55 dollars précédemment. La surproduction de l’OPEP+ et l’augmentation des stocks hivernaux dans l’hémisphère Nord ont également contribué à cette dynamique favorable.

En Algérie, la hausse du carburant déclenche la colère sociale

À l’inverse, le prix du carburant en Afrique du Nord suscite une vive inquiétude, notamment en Algérie. Dans la nuit du 1er janvier 2026, les autorités ont procédé à une augmentation généralisée des prix à la pompe, sans annonce préalable. L’essence est passée de 45,62 à 47 dinars le litre. Le gasoil a connu une hausse plus marquée, atteignant 31 dinars. Le GPL carburant a enregistré une augmentation brutale de plus de 33 %.

Cette décision, jugée opaque, a immédiatement provoqué la colère des transporteurs privés. Déjà fragilisés par un nouveau code de la route jugé répressif, ils ont déclenché une grève illimitée. Le mouvement a rapidement paralysé le transport urbain et inter-wilayas.

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Les conséquences ont été visibles sur l’ensemble de l’économie. Les gares routières se sont vidées. Les chaînes d’approvisionnement ont été perturbées. De nombreux citoyens se sont tournés vers le transport clandestin, souvent à des tarifs élevés. Face à la montée de la contestation, les autorités ont d’abord adopté un ton ferme. Cependant, cette stratégie n’a pas permis de contenir la mobilisation.

Finalement, le gouvernement a concédé une revalorisation des tarifs de transport. Cette mesure vise à apaiser la colère, mais elle transfère le surcoût du carburant vers les usagers. Plusieurs observateurs redoutent désormais une hausse en cascade des prix des produits de première nécessité.

Officiellement, le ministre des Hydrocarbures de l’Algérie justifie cette hausse par la nécessité de préserver le fonctionnement des raffineries et d’assurer la disponibilité du carburant. En toile de fond, la contrainte budgétaire reste centrale. Faute de diversification économique suffisante, la réduction progressive des subventions apparaît comme une solution risquée, susceptible de fragiliser davantage une paix sociale déjà sous tension.

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Morgan Dossou

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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