Le Conseil économique et social du Bénin a officiellement lancé, ce mardi 24 février à Cotonou, sa première session ordinaire de l’année 2026. La cérémonie d’ouverture, marquée par la présence de hautes personnalités de la République et de partenaires internationaux, a consacré le repositionnement d’une institution longtemps perçue comme périphérique mais désormais déterminée à jouer un rôle central dans la gouvernance nationale. Un an après l’installation de la septième mandature par le président Patrice Talon, le Conseil économique et social entend affirmer une nouvelle dynamique. Sous la présidence de Conrad Gbaguidi, l’institution revendique une transformation profonde de son mode d’action et de son ancrage territorial.
Une institution en quête d’impact concret
Les chiffres avancés illustrent cette volonté de rupture. Plus de deux mille sollicitations citoyennes ont été instruites dans les conseils départementaux, tandis que plus de dix mille Béninois ont été rencontrés sur le terrain. À cela s’ajoutent huit études d’autosaisine finalisées sur des enjeux structurants du développement national.
Du coût de la vie à la gouvernance locale, en passant par l’économie sociale et solidaire, la modernisation agricole ou encore la gestion des conflits agropastoraux, le Ces s’est positionné comme un observateur attentif des mutations sociales. L’objectif affiché est clair : capter les préoccupations réelles des populations et les traduire en recommandations stratégiques à destination de l’exécutif et du Parlement.
La session ordinaire, prévue pour durer trente jours, ne se limite pas à un exercice de bilan. Elle se veut un temps d’approfondissement et de projection. De nouveaux sujets d’autosaisine seront examinés afin d’aboutir à des propositions concrètes adressées au président de la République et à l’Assemblée nationale.
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Des thématiques tournées vers l’anticipation
Les axes retenus traduisent une ambition d’anticipation des défis à venir. Parmi les priorités figurent l’impact des partenaires techniques et financiers sur le développement national, la mobilité durable, la valorisation des langues nationales dans la construction de la nation, la lutte contre la pollution plastique ainsi que la dynamisation du tourisme domestique.
En plaçant ces thématiques au cœur des débats, le Conseil économique et social cherche à inscrire son action dans une logique de prospective et de contribution stratégique à long terme.
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Le FonaCes au cœur du dialogue citoyen
La session est également marquée par l’organisation du Forum national du Conseil économique et social, les 25 et 26 février. Placé sous le thème « Panier citoyen et bien-être », ce rendez-vous ambitionne de définir un référentiel partagé sur les conditions de vie des ménages béninois.
Quatre leviers structurent les échanges : le renforcement du pouvoir d’achat et l’accès aux biens essentiels, la promotion de la production locale et de nouveaux modes de consommation, l’amélioration du bien-être au travail, ainsi que le développement d’une protection sociale plus inclusive.
Au-delà du forum, la session prévoit la présentation du rapport d’activités 2025 du Ces et l’examen des conclusions de la première session extraordinaire. Des communications spécifiques sont également programmées, notamment celle de l’ambassadeur du Royaume des Pays-Bas, signe de l’attention accordée aux partenariats stratégiques.
À travers cette première session ordinaire de 2026, le Conseil économique et social entend consolider son rôle d’interface entre l’État et les citoyens. En revendiquant une « utilité républicaine », l’institution affiche l’ambition de devenir un véritable laboratoire d’idées au service du développement et de la cohésion nationale.