Crise politique en Côte d’Ivoire : Amnesty International tire la sonnette d’alarme et exhorte les autorités à cesser la répression préélectorale

octobre 18, 2025

À quelques jours de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, Amnesty International tire la sonnette d’alarme. L’organisation de défense des droits humains interpelle les autorités ivoiriennes sur la multiplication des arrestations, l’usage disproportionné de la force contre des manifestants pacifiques et l’opacité entourant la détention de centaines de personnes. Ce climat tendu, alimenté par l’exclusion de figures majeures de l’opposition, pose de sérieuses questions sur le déroulement et la légitimité du scrutin prévu le 25 octobre 2025.

L’ONG dénonce des arrestations massives et des violences inquiétantes

Dans un communiqué publié le 16 octobre 2025, Amnesty International appelle le gouvernement ivoirien à mettre un terme à la répression des manifestations. L’organisation demande la libération immédiate de toutes les personnes détenues pour avoir exercé pacifiquement leurs droits, l’accès à un avocat et la publication des motifs d’arrestation.

Selon les informations rapportées, une manifestation interdite tenue à Abidjan a été dispersée à l’aide de gaz lacrymogènes, entraînant l’arrestation d’environ 710 personnes. Parmi les événements les plus marquants, un homme a été tué par balle à Bonoua, localité du sud du pays. Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), dirigé par Laurent Gbagbo, accuse les forces de l’ordre. À Adzopé, un nourrisson de moins de deux ans serait décédé, asphyxié par des gaz lacrymogènes.

Face à ces faits, Marceau Sivieude, directeur régional adjoint d’Amnesty pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, insiste sur la nécessité de « respecter les droits fondamentaux des personnes arrêtées », de « les informer de manière transparente » et de « garantir leur accès à la défense ». Il alerte également sur les conséquences d’une telle politique de répression dans un contexte électoral sensible.

L’opposition contestataire sous pression à l’approche du scrutin

L’actuel climat de tension est en grande partie alimenté par la décision du Conseil constitutionnel d’invalider les candidatures de deux figures centrales de l’opposition : Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam. Cette décision a suscité une vague d’indignation dans les rangs des partis d’opposition, accompagnée d’appels à manifester pacifiquement.

Des actions de protestation ont rapidement émergé dans plusieurs zones du pays, notamment des blocages d’écoles et de routes. Les autorités, de leur côté, ont interdit toute forme de manifestation contestant les décisions du Conseil constitutionnel. Le ministre de l’Intérieur, Vagondo Diomandé, a déclaré que les auteurs de manifestations non autorisées « répondront devant la loi », accentuant ainsi la ligne dure adoptée par le gouvernement.

Dans ce contexte, une nouvelle marche nationale est en préparation, bien que sa date n’ait pas encore été communiquée. L’ancien président Laurent Gbagbo, écarté du processus électoral, devrait s’exprimer publiquement dans les prochains jours, ce qui pourrait raviver la mobilisation.

L’ombre d’une élection controversée plane sur la Côte d’Ivoire. Alors que les tensions s’exacerbent, le rôle des observateurs internationaux et la pression de la société civile apparaissent plus déterminants que jamais pour garantir un scrutin transparent et apaisé.

Morgan Dossou

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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