Cybercriminalité Bénin : un proche de Kemi Seba devant la CRIET

mars 18, 2026

Au Bénin, un homme soupçonné d’avoir facilité des opérations financières pour Kemi Seba a comparu le 16 mars 2026 devant la CRIET à Cotonou. Poursuivi pour cybercriminalité et incitation à la violence, il conteste les faits. L’affaire, liée aux événements du 7 décembre 2025, a été renvoyée au 11 mai. Voici les éléments clés.

Des transactions financières suspectes au cœur du dossier

Le parquet spécial accuse le prévenu d’avoir servi d’intermédiaire dans plusieurs opérations financières liées à des activités jugées illicites. Selon les éléments présentés à l’audience, il aurait facilité le recyclage de fonds issus de cybercriminalité via des comptes bancaires mis à disposition de tiers. Les enquêteurs évoquent un système structuré permettant à des fraudeurs de récupérer leurs gains.

En échange, l’homme percevait une commission estimée à 5 % des montants traités. Ce mécanisme aurait reposé sur l’usage d’outils numériques et de circuits de transfert discrets. Face aux juges, le prévenu a rejeté ces accusations. Il affirme avoir exercé uniquement une activité classique de change, sans connaître l’origine des fonds manipulés. Selon lui, aucune preuve ne démontre une implication volontaire dans un réseau frauduleux.

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Des liens controversés avec Kemi Seba

L’affaire prend une dimension particulière en raison des liens évoqués avec l’activiste panafricain Kemi Seba. Les autorités judiciaires estiment que certaines transactions auraient été réalisées pour soutenir ses activités. À la barre, l’accusé reconnaît une seule transaction en cryptomonnaie d’un montant de 2 000 euros réalisée en 2023. Il insiste sur le caractère isolé de cette opération. Toutefois, les magistrats affirment disposer d’éléments suggérant des interactions plus fréquentes.

Kemi Seba fait lui-même l’objet d’une procédure distincte dans le cadre des investigations ouvertes après les événements du 7 décembre 2025. Cette situation renforce la sensibilité du dossier, qui dépasse le cadre strict de la cybercriminalité. Par ailleurs, la loi béninoise encadre strictement ces infractions. Le Code du numérique prévoit des sanctions pouvant inclure des amendes et des peines d’emprisonnement en cas de participation à des circuits frauduleux.

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Une procédure relancée avec un renvoi stratégique

Les avocats de la défense ont demandé un délai supplémentaire pour examiner les pièces du dossier. Ils souhaitent analyser les éléments techniques liés aux transactions numériques et préparer leurs arguments. La juridiction a accepté cette requête. Le procès a été renvoyé au 11 mai 2026, ouvrant une nouvelle phase dans la procédure. Ce délai devrait permettre un examen plus approfondi des preuves présentées par le parquet.

Selon plusieurs observateurs, cette affaire pourrait mettre en lumière les mécanismes utilisés dans certains circuits de cybercriminalité au Bénin. Elle pose aussi la question du rôle des intermédiaires financiers dans les flux numériques. La reprise des débats sera déterminante pour établir les responsabilités. Elle pourrait également apporter des éclaircissements sur les liens présumés entre le prévenu et l’activiste Kemi Seba, dans un contexte judiciaire particulièrement sensible.

Enagnon Wilfried ADJOVI

Enagnon Wilfried ADJOVI

Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je produis des décryptages et analyses approfondies sur les enjeux politiques, économiques et technologiques qui redessinent le continent.

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