Guinée-Bissau : le premier gouvernement installé par général Horta N’Tam, vacille déjà

novembre 30, 2025

La Guinée-Bissau entre dans une nouvelle zone de turbulence politique. Le premier gouvernement de transition dévoilé par le général Horta N’Tam, à peine annoncé, traverse déjà une crise. Catarina Taborda, nommée ministre du Tourisme et de l’Artisanat, refuse ouvertement d’intégrer l’équipe. Son retrait soudain alimente les doutes sur la cohésion de l’exécutif arrivé au pouvoir après le dernier coup d’État.

Un refus qui crée un choc politique en Guinée-Bissau

Quelques heures seulement après la publication officielle du nouveau gouvernement, Catarina Taborda fait volte-face. Sur sa page Facebook, elle affirme qu’elle « ne fera pas partie du gouvernement ». Elle promet toutefois de continuer à servir le pays « avec travail, responsabilité, intégrité et engagement envers les femmes, les jeunes et les enfants ».

Son nom figure pourtant dans le décret présidentiel signé le 29 novembre. Le gouvernement compte 23 ministres et 5 secrétaires d’État. Son refus crée donc un vide immédiat et symbolique. Ce geste renforce l’idée d’un exécutif fragile, monté dans la précipitation après la chute du régime d’Umaro Sissoco Embaló. Ce retrait réveille les interrogations. Le gouvernement peine-t-il déjà à rassembler des figures crédibles ? La méthode de sélection pose-t-elle problème ? Pour de nombreux observateurs, ce geste traduit une méfiance persistante à l’égard du nouveau pouvoir militaire-civil.

Une équipe hétérogène qui veut afficher une unité

Le Premier ministre nommé, Ilídio Vieira Té, dirige désormais l’exécutif. Proche d’Embaló, il fut ministre des Finances et directeur de campagne de la coalition qui soutenait l’ancien président. Son retour crée un débat. Une partie de la population y voit une continuité politique, malgré le changement brutal de leadership. Le gouvernement réunit des civils et des militaires. Carlos Pinto Pereira garde la Justice et les Droits de l’Homme. Le général Mamasaliu Embaló prend l’Intérieur et l’Ordre public. Le général Stive Lassana Manssaly obtient la Défense nationale.

Les portefeuilles économiques reviennent à Mamadú Mudjetaba Djaló (Économie et Plan), Florentino Mendes Pereira (Transports et Télécommunications), José Carlos Esteves (Travaux publics), et Jaimentino Có (Commerce et Industrie). Le secteur social est confié à Mamadú Badji (Éducation), le Commodore Quinhin Nantote (Santé), Khady Florence Dabo Correia (Femme et Solidarité sociale) et Juelma Cubala (Jeunesse et Sports).

Les secrétaires d’État complètent le dispositif. Mamadú Baldé prend le Trésor. Elísio Gomes Sá s’occupe du Budget. Fatumata Jau gère la Coopération internationale. Salvador Soares supervise l’Ordre public. Le Contre-Amiral Carlos Alfredo Mandughai prend les anciens combattants. Cette mosaïque de profils veut rassurer. Elle combine expérience politique, influence militaire et engagement technocratique. Mais le départ de Catarina Taborda montre que l’harmonie reste fragile.

Une transition qui s’installe dans un climat explosive

Depuis son indépendance, la Guinée-Bissau vit dans un cycle de coups d’État. Neuf renversements tentés ou réussis, depuis 1974, pèsent encore sur les institutions. Le dernier putsch confirme cette instabilité. Il intervient avant la proclamation officielle des résultats de la présidentielle du 23 novembre. L’ex-président Umaro Sissoco Embaló a quitté le pays. Il a été exfiltré vers Dakar grâce aux autorités sénégalaises. Des médias annoncent sa présence à Brazzaville, mais aucune confirmation officielle n’est disponible. Cette situation ajoute de la confusion.

Le gouvernement de transition doit restaurer la confiance. Il doit aussi rassurer les partenaires régionaux et internationaux. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest suit la situation de près. Le pays reste sous tension. Le retrait de Taborda rappelle que l’exécutif manque encore de solidité. Le général Horta N’Tam doit désormais prouver qu’il peut rassembler. La transition ne peut réussir que si elle s’appuie sur une équipe stable, crédible et capable de mener des réformes urgentes.

Morgan Dossou

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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