Cameroun : l’opposant Anicet Ekane meurt en détention

décembre 1, 2025

Au Cameroun Anicet Ekane, président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), est décédé tôt ce matin, alors qu’il se trouvait en détention. Son avocat, Me Emmanuel Simh, a annoncé un « décès survenu en situation de privation de liberté ». Cette disparition intervient dans un climat déjà tendu depuis la crise postélectorale du 12 octobre.

Une figure politique engagée, arrêtée dans un contexte explosif

Les autorités camerounaises avaient interpellé Anicet Ekane le 24 octobre. Elles l’accusaient d’apporter un soutien trop affirmé à Issa Tchiroma Bakary, qui s’est proclamé vainqueur de la présidentielle. Ce positionnement politique avait renforcé les tensions déjà vives dans le pays.

Militant infatigable, héritier des combats indépendantistes et figure marquante des années dites « de braise », Anicet Ekane occupait une place singulière dans la vie politique camerounaise. Il défendait une ligne nationaliste, critique et intransigeante. Le SED, où il se trouvait incarcéré, constituait le centre névralgique de nombreuses procédures sensibles. Son arrestation avait suscité des inquiétudes dans les rangs du Manidem. Le parti dénonçait un climat de répression accrue et mettait en garde contre les risques encourus par son leader.

Des équipements médicaux confisqués et un état de santé alarmant

Le Manidem avait publié un communiqué alarmant le 21 novembre. Il dénonçait la confiscation d’appareils médicaux essentiels à la survie d’Anicet Ekane. Selon le parti, un extracteur d’oxygène figurait parmi les équipements bloqués dans son véhicule, placé sous séquestre depuis le 24 octobre à la gendarmerie de Douala.

Le parti considérait cette situation comme « gravement dangereuse ». Les militants craignaient une détérioration rapide de son état de santé. Les appels lancés par le Manidem réclamaient un accès immédiat à ses dispositifs de soins, mais aucune évolution notable n’est intervenue.

Anicet Ekane avait conservé une influence durable au sein de l’opposition. Ses prises de position récentes en faveur de Maurice Kamto puis d’Issa Tchiroma Bakary l’avaient replacé au cœur des débats. Son décès ouvre une zone d’incertitude politique et ravive les interrogations sur les conditions de détention des opposants au Cameroun.

Morgan Dossou

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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