Afrique du Sud : Jacob Zuma demande l’arrêt des poursuites dans l’affaire Thalès

décembre 5, 2025

Jacob Zuma revient une nouvelle fois devant la justice sud-africaine. L’ancien président et son coaccusé, le géant français de l’armement Thales, se présentent jeudi au tribunal pour tenter d’obtenir l’abandon des charges dans l’affaire Thalès. Tous deux ont déjà plaidé non coupables et contestent la procédure depuis plusieurs années.

Un dossier vieux de vingt ans qui continue de diviser

Jacob Zuma fait face à des accusations de corruption, fraude et blanchiment d’argent. Ces poursuites découlent d’un vaste contrat d’armement signé en 1999 entre l’Afrique du Sud et l’entreprise française Thomson-CSF, devenue Thales. L’accord portait sur environ trois milliards d’euros. Les procureurs soupçonnent l’ancien chef d’État d’avoir reçu des avantages illégaux en lien avec ce marché stratégique.

Zuma rejette l’ensemble de ces accusations. Il décrit depuis longtemps cette procédure comme une « chasse aux sorcières » motivée par des enjeux politiques. Ses avocats multiplient les recours pour contester les charges, ce qui rallonge considérablement un procès engagé depuis plus de deux décennies. L’autorité sud-africaine des poursuites critique cette stratégie et estime qu’elle empêche la justice d’avancer.

Les tensions autour de cette affaire se renforcent aussi à cause de la santé fragile de Zuma. Ses équipes juridiques affirment qu’elle complique sa participation régulière aux audiences. Les juges examinent toutefois chaque demande avec prudence, car certaines démarches du camp Zuma ont déjà été jugées dilatoires.

L’absence de témoins-clés fragilise une procédure déjà complexe

La défense met en avant plusieurs éléments pour justifier l’arrêt des poursuites. Elle insiste notamment sur l’impartialité contestée du procureur principal. Les avocats évoquent aussi la disparition de deux témoins-clés : Pierre Moynot et Alain Thetard, anciens responsables de Thomson-CSF. Leur décès en 2020 et 2022 prive le tribunal de témoignages jugés essentiels par les deux parties.

Thales maintient également sa position. L’entreprise conteste tout rôle illégal dans l’affaire et soutient que les accusations reposent sur des interprétations erronées de documents anciens. Le groupe évoque un contexte politique tendu qui aurait influencé le dossier depuis ses débuts.

L’affaire Thalès reste l’un des plus longs feuilletons judiciaires en Afrique du Sud. Chaque audience nourrit la frustration du public, qui réclame une conclusion claire dans un pays marqué par de nombreux scandales politico-financiers. Le tribunal doit désormais statuer sur cette nouvelle demande d’abandon des charges, sans certitude sur le calendrier ni sur l’issue.

Morgan Dossou

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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