Le Burkina Faso, le Mali et le Niger, trois pays de l’AES viennent de franchir une nouvelle étape dans la lutte contre la criminalité financière en Afrique de l’Ouest. Les trois pays ont été admis comme membres hors-CEDEAO du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent (GIABA). Cette décision consacre leur volonté commune de renforcer les mécanismes de transparence financière, malgré leur retrait officiel de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.
Une admission fondée sur des engagements clairs
Selon un communiqué du GIABA, cette admission repose avant tout sur l’engagement politique des trois États à appliquer pleinement les obligations liées à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération. À cet effet, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont entrepris plusieurs réformes pour aligner leurs dispositifs nationaux sur les normes internationales.
Ainsi, les autorités ont procédé à la correction de nombreuses insuffisances relevées dans leurs cadres juridiques et institutionnels. Par ailleurs, les trois pays ont renforcé leurs structures de contrôle et amélioré la coopération entre les services concernés. Pour le GIABA, ces efforts traduisent une volonté réelle de respecter les standards internationaux en matière de LBC/FT/FP.
En outre, les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont démontré leur capacité à coopérer efficacement sur les questions financières sensibles. Cette dynamique vise non seulement à lutter contre les flux financiers illicites, mais aussi à assainir les économies nationales et à renforcer la confiance des partenaires internationaux.
Une décision validée dans un contexte régional particulier
L’adhésion du Burkina Faso, du Mali et du Niger a été formellement validée lors de la dernière session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO, tenue à Abuja. Cette validation est intervenue après un avis favorable donné lors de la deuxième session extraordinaire du GIABA consacrée à l’examen des demandes d’adhésion.
Cependant, cette évolution s’inscrit dans un contexte régional marqué par des changements majeurs. Depuis le 29 janvier 2025, les trois pays ont officiellement quitté la CEDEAO, à la suite de la création de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel. Malgré ce retrait, ils ont choisi de maintenir une coopération technique avec des institutions régionales spécialisées, comme le GIABA.
Cette admission en tant que membres hors-CEDEAO illustre donc une approche pragmatique. D’un côté, les pays de l’AES affirment leur souveraineté politique. De l’autre, ils reconnaissent l’importance de la coopération régionale dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.