Comment la France a aidé le Bénin à réprimer la tentative de coup d’État ?

décembre 10, 2025

La tentative de coup d’État du dimanche 7 décembre au Bénin secoue encore la région. Dans l’urgence, le gouvernement béninois a sollicité un appui extérieur. Paris confirme avoir répondu à cette demande et parle d’un soutien ciblé. Dans ce climat déjà tendu, la CEDEAO suit également la situation avec une grande attention.

Un appui décidé à la demande de Cotonou

Selon la présidence française, la France fournit « un appui » aux forces béninoises. Cet appui concerne la surveillance, l’observation et le soutien logistique, rapporte RFI. De plus, l’Élysée qualifie la tentative de « très violente » et évoque des morts ainsi que des prises d’otages.

Ensuite, Emmanuel Macron coordonne des échanges avec plusieurs dirigeants de la région. Il s’entretient avec Patrice Talon, Bola Tinubu et Julius Maada Bio. Ce dernier dirige actuellement la CEDEAO et suit donc de très près l’évolution de la crise. Face à la situation, l’organisation sous-régionale autorise rapidement l’engagement de sa force en attente. Des unités nigérianes viennent alors renforcer les forces loyalistes béninoises sur le terrain.

Par ailleurs, un site de tracking en ligne signale la présence d’un avion français. L’appareil, spécialisé dans le renseignement, survole Cotonou pendant plusieurs heures. Toutefois, Paris ne donne aucune précision officielle sur les moyens exacts engagés. L’Élysée se contente de parler d’un appui limité et ciblé.

Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, apporte ensuite des précisions. Il déclare : « Nous avons apporté un appui en termes de renseignement ou d’observation à la demande de Cotonou et dans le sillage des échanges bilatéraux que nous avons eus depuis longtemps ». Il insiste ainsi sur le caractère multidimensionnel du partenariat. Il rappelle aussi la coopération culturelle, humaine et sécuritaire entre les deux pays.

Une coordination régionale autour du président Patrice Talon

Très vite, Patrice Talon mobilise ses partenaires régionaux. Il obtient le soutien officiel de la CEDEAO. Dans cette réponse collective, le Nigeria joue un rôle central. La région veut empêcher toute déstabilisation durable. Elle redoute également un effet domino dans le golfe de Guinée.

De son côté, Emmanuel Macron renforce la coordination politique. Il encourage une réponse commune et régulière entre chefs d’État. Il échange avec les dirigeants voisins pour suivre l’évolution de la situation heure par heure. La France cherche ainsi à afficher un soutien clair au Bénin. Elle réaffirme en même temps son attachement à la stabilité de l’espace ouest-africain.

Cependant, un point du gouvernement béninois après le Conseil des ministres extraordinaire du 8 décembre soulève des questions. Ce compte rendu mentionne seulement l’appui de la CEDEAO. Il ne cite nulle part une aide française aux forces armées béninoises. De son côté, la CEDEAO ne fait pas non plus référence à cet appui dans son communiqué.

Ainsi, la révélation de l’Élysée relance les débats autour de la présence militaire française au Bénin. Elle interroge aussi l’ampleur réelle de la coopération sécuritaire.

Morgan Dossou

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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