À 92 ans, Paul Biya prête serment pour un nouveau mandat à la tête du Cameroun. Ce moment historique suscite autant d’inquiétudes que de débats, au sein du pays comme à l’international.
Une cérémonie officielle dans un climat tendu
Le 6 novembre 2025, le président camerounais a prêté serment à Yaoundé. Il débute ainsi un huitième mandat, après plus de 40 ans au pouvoir. Malgré la solennité de l’événement, l’ambiance reste tendue.
Son élection en octobre a divisé l’opinion. Plusieurs opposants, dont Issa Tchiroma Bakary, affirment avoir remporté le scrutin. Ils contestent les résultats officiels publiés par les autorités. Ces accusations renforcent la méfiance d’une partie de la population envers le processus électoral.
Dans ce contexte, la prestation de serment ne calme pas les tensions. Elle ravive au contraire les critiques sur l’absence d’alternance politique. Le pays traverse une période difficile, marquée par des conflits internes et une instabilité sociale persistante.
Une longévité politique qui interroge
Paul Biya reste l’un des chefs d’État les plus âgés encore en exercice. Sa longévité politique fascine autant qu’elle dérange. Beaucoup s’interrogent sur sa capacité à gouverner efficacement à un âge si avancé.
Son style de gouvernance, très centralisé, limite les contre-pouvoirs. Cette concentration du pouvoir inquiète, surtout en l’absence de signes clairs sur une possible transition ou succession.
À l’intérieur du pays, certains soutiennent qu’il incarne la stabilité. D’autres y voient un frein au renouveau politique. Cette divergence alimente les clivages, déjà exacerbés par les tensions régionales et les difficultés économiques.
Un mandat aux multiples enjeux
Ce nouveau mandat soulève plusieurs enjeux. Sur le plan national, la priorité reste la cohésion sociale. Le pouvoir devra répondre aux attentes d’une jeunesse de plus en plus critique, mais aussi rétablir la confiance dans les institutions.
Sur le plan international, le Cameroun joue sa crédibilité. Les partenaires étrangers surveillent de près l’évolution de la situation. Ils s’attendent à des signaux forts en matière de gouvernance, de droits et de transparence.
La prestation de serment de Paul Biya marque donc bien plus qu’une simple continuité. Elle ouvre une période d’incertitude, dans un pays en quête de renouveau démocratique.