Afrique : la Russie organise une grande offensive diplomatique depuis l’Égypte

décembre 20, 2025

La Russie franchit une nouvelle étape dans sa stratégie africaine. Samedi 20 décembre, Moscou réunit plusieurs partenaires du continent lors d’une grande conférence organisée en Égypte. Cette initiative vise à renforcer les liens économiques, diplomatiques et sécuritaires avec l’Afrique, malgré les efforts de certains soutiens de l’Ukraine pour isoler la Russie sur la scène internationale. Pour la première fois, cette rencontre se tient directement sur le sol africain, un choix hautement symbolique.

Une conférence inédite organisée sur le continent africain

Vendredi, Sergueï Lavrov a accueilli personnellement plusieurs ministres africains des Affaires étrangères près du Caire. Certains échanges se sont même déroulés en russe, signe d’une proximité diplomatique assumée. Parmi les délégations présentes figurent celles de la Guinée équatoriale, du Burundi et de la République du Congo.

Après ces entretiens bilatéraux, une conférence multipartite se tient samedi. Les discussions portent sur plusieurs axes majeurs. Les relations diplomatiques figurent au premier plan. Les questions sécuritaires occupent aussi une place importante. Toutefois, Moscou accorde une attention particulière au volet économique.

Sur ce terrain, la Russie reconnaît un retard certain. Les échanges commerciaux avec l’Afrique restent limités. Leur progression demeure faible ces dernières années. De plus, de nombreux accords économiques annoncés n’ont jamais dépassé le stade des promesses. En comparaison, la Chine et l’Inde occupent une position bien plus solide sur le continent.

Ainsi, cette conférence vise à relancer des partenariats concrets. Moscou souhaite convaincre ses partenaires africains de renforcer les échanges commerciaux et les investissements. Le choix de l’Égypte illustre cette volonté de rapprochement direct avec le continent.

Moscou cherche à remobiliser ses alliés africains

Au-delà des enjeux immédiats, la Russie poursuit un objectif politique plus large. Cette rencontre doit permettre de remobiliser ses partenaires avant un futur sommet entre chefs d’État prévu en 2026. Le premier sommet Russie-Afrique s’était tenu à Sotchi en 2019. Il avait réuni 43 dirigeants africains. En revanche, le second sommet, organisé à Saint-Pétersbourg en 2023, n’avait attiré que 17 chefs d’État.

Cette baisse de participation inquiète Moscou. Sergueï Lavrov a attribué cette situation aux pressions occidentales. Selon lui, « l’Occident cherche à empêcher les pays du Sud global de collaborer avec la Russie ». Le chef de la diplomatie russe affirme que les pays africains doivent conserver leur liberté de choix.

Dans ce contexte, il a rappelé le rôle des Brics. L’Afrique du Sud fait partie du groupe depuis plusieurs années. L’Égypte et l’Éthiopie l’ont rejoint récemment. Pour Moscou, ces pays ont « le droit de choisir leurs partenaires » sans subir d’ingérences extérieures.

Ainsi, la Russie tente de consolider ses appuis africains. Elle cherche aussi à montrer qu’elle reste un acteur diplomatique actif. Cette conférence illustre une volonté claire de maintenir et d’élargir son influence en Afrique, malgré un environnement international tendu.

morgan dossou africactu auteur

Morgan DOSSOU

Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je produis des décryptages et analyses approfondies sur les enjeux politiques, économiques et technologiques qui redessinent le continent.

Voir les articles de Morgan

Laisser un commentaire