Le Ghana saisit l’ONU après une attaque de missile contre ses Casques bleus au Liban

mars 9, 2026

Le Ghana a officiellement déposé une plainte auprès de l’Organisation des Nations unies après qu’un missile a frappé un contingent ghanéen déployé au Liban. L’incident, particulièrement grave, a fait deux blessés parmi les soldats engagés dans une mission de maintien de la paix. L’attaque est survenue vendredi dans le sud du Liban, en pleine montée des tensions régionales. Face à cette situation, Accra exige une enquête « complète, immédiate et transparente » et dénonce une possible violation du droit international.

Deux soldats grièvement blessés dans une frappe sur leur base

Selon les autorités ghanéennes, la position d’un bataillon des forces armées intégré à la mission onusienne a été touchée par deux missiles. Les impacts se sont produits entre 17h45 et 17h52 heure locale, laissant peu de temps aux militaires pour réagir.

Sous la violence des explosions, deux soldats ont été grièvement blessés tandis qu’un troisième a subi un traumatisme. Dans le même temps, le mess des officiers a été frappé puis entièrement détruit par l’incendie déclenché après l’impact.

Rapidement, les équipes médicales sont intervenues. Les blessés ont d’abord été pris en charge dans un bunker sécurisé avant d’être évacués vers l’hôpital de référence de la mission des Nations unies. Malgré la gravité de l’attaque, l’armée ghanéenne assure que le reste du contingent demeure en sécurité dans des abris souterrains. La situation sur le terrain reste toutefois jugée fragile.

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Accra réclame une enquête et évoque un possible crime de guerre

Dans la foulée, le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a confirmé la saisine officielle de l’ONU. Une protestation formelle a ainsi été adressée au secrétaire général António Guterres. Par cette démarche, Accra réclame une enquête impartiale afin d’établir clairement les responsabilités. Le chef de la diplomatie ghanéenne estime même que l’attaque pourrait constituer un crime de guerre.

En parallèle, le gouvernement a réaffirmé son engagement envers les opérations de maintien de la paix. Il demande néanmoins un renforcement urgent des dispositifs de protection des Casques bleus déployés dans les zones à haut risque. Dans un message de soutien, les autorités ont également exprimé leur solidarité envers les soldats blessés et leurs familles, saluant le rôle des militaires engagés sous mandat international.

Un tir dans un contexte d’escalade régionale

À ce stade, l’origine du tir reste incertaine. Les autorités libanaises ont indiqué que le missile aurait été lancé par Israël, sans qu’une confirmation indépendante ne soit encore disponible. Cet incident s’inscrit dans un climat d’escalade militaire au Moyen-Orient. Les tensions se sont intensifiées après des frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran à la fin du mois de février.

Dans la région, le Hezbollah, allié de Téhéran, a revendiqué des tirs de roquettes et de drones vers le nord d’Israël. En réaction, l’armée israélienne a multiplié les frappes aériennes et les opérations terrestres dans le sud du Liban. Ces affrontements ont provoqué des combats intenses près de la frontière et le déplacement de nombreux civils. De fait, les forces onusiennes déployées dans la zone se retrouvent exposées aux risques liés aux opérations militaires croisées.

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La mission onusienne prise entre deux feux

Les soldats ghanéens servent au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban. Cette mission a été créée en 1978 afin de superviser le retrait israélien du territoire libanais et de contribuer au rétablissement de la paix. Après la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah, le Conseil de sécurité de l’ONU a élargi son mandat. Désormais, la mission supervise la cessation des hostilités et appuie le déploiement de l’armée libanaise dans le sud du pays.

En complément, elle facilite l’accès humanitaire aux civils et soutient le retour des populations déplacées. En décembre 2025, la force comptait plus de 7 000 soldats issus de plusieurs pays, auxquels s’ajoute du personnel civil. Dans ce contexte sécuritaire dégradé, l’attaque contre le contingent ghanéen relance les inquiétudes sur la protection des Casques bleus. C’est pourquoi Accra insiste pour que la sécurité du personnel de maintien de la paix demeure une priorité internationale.

Enagnon Wilfried ADJOVI

Enagnon Wilfried ADJOVI

Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je produis des décryptages et analyses approfondies sur les enjeux politiques, économiques et technologiques qui redessinent le continent.

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