Mamadou Hawa Gassama : 5 ans de prison requis contre le député malien en Côte d’Ivoire

janvier 10, 2026

Le député malien Mamadou Hawa Gassama fait face à la justice ivoirienne pour « offense au chef de l’État » et pour « diffusion de propos outrageants sur internet ». Les autorités ivoiriennes l’ont interpellé à Abidjan en juillet dernier, alors qu’il se trouvait dans le pays pour un séjour privé. Ses déclarations datent de septembre 2022. Dans ces propos, il qualifiait le président ivoirien Alassane Ouattara « d’ennemi du Mali ». La décision du juge a été mise en délibéré pour le 30 janvier 2026. À Bamako, cette affaire suscite déjà une grande attention et provoque de vives réactions.

Les faits reprochés à Mamadou Hawa Gassama et la procédure judiciaire

En septembre 2022, Mamadou Hawa Gassama a accordé une interview à un média malien. Il a critiqué ouvertement le président ivoirien et l’a qualifié « d’ennemi du Mali ». Les déclarations ont circulé sur les réseaux sociaux et provoqué un vif émoi. La justice ivoirienne a donc ouvert une procédure pour atteinte à l’honneur et à la dignité du chef de l’État. Selon le procureur, ces propos étaient « inacceptables pour une personne de son rang ». Il a ajouté qu’ils nécessitaient une sanction stricte. Cette mesure vise à rappeler aux citoyens et aux internautes l’importance de la retenue sur les plateformes numériques.

La réquisition du procureur

Lors de l’audience, le procureur a demandé la peine maximale pour les délits d’« offense au chef de l’État » et de « diffusion de propos outrageants sur internet ». Il a requis cinq ans de prison ferme et une amende substantielle. Selon lui, « toute attaque ou tout propos méprisant contre les institutions doit être sanctionné avec la dernière énergie ». Cette sévérité reflète la volonté des autorités ivoiriennes de protéger la réputation du président. Elle vise également à empêcher la propagation de messages susceptibles d’alimenter les tensions diplomatiques avec le Mali.

Réactions de l’accusé et enjeux diplomatiques

Le député malien a reconnu ses propos dès son arrestation. Il a présenté ses excuses publiques au président Ouattara et à l’ensemble des Ivoiriens. Il a déclaré : « J’ai reconnu les vidéos, j’assume. Je présente mes excuses à mon grand frère ADO et à tous les Ivoiriens. Je ne savais pas que cela pouvait blesser ». Membre du Conseil national de Transition (CNT), il a précisé qu’il n’avait pas mesuré l’impact de ses déclarations. Il a également affirmé vouloir apaiser les tensions entre les deux pays. Son avocat, l’ex-ministre malien de la Justice Mamadou Ismaila Konaté, a souligné la sincérité de son repentir. Il a plaidé pour l’indulgence des juges et demandé qu’ils tiennent compte de la rapidité avec laquelle les excuses ont été présentées.

Les enjeux diplomatiques et politiques

Au-delà de l’aspect judiciaire, l’affaire a un poids diplomatique important. Le Mali et la Côte d’Ivoire entretiennent des relations tendues depuis les coups d’État de 2020 et 2021. Ces événements ont porté le général Assimi Goïta au pouvoir à Bamako. Un verdict sévère pourrait aggraver ces tensions. Me Konaté a mis en garde : « La décision sera scrutée à Bamako et fera du bruit ». Cette affaire se déroule dans un contexte politique délicat. Elle illustre aussi les défis liés à la liberté d’expression et à la responsabilité des personnalités publiques sur les réseaux sociaux. La sentence pourrait devenir un précédent pour le traitement judiciaire des offenses publiques contre les chefs d’État en Afrique de l’Ouest.

Avec la décision attendue le 30 janvier 2026, l’affaire reste sous haute surveillance à Abidjan comme à Bamako. Elle pourrait avoir des répercussions durables sur les relations diplomatiques entre la Côte d’Ivoire et le Mali.

morgan dossou africactu auteur

Morgan DOSSOU

Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je produis des décryptages et analyses approfondies sur les enjeux politiques, économiques et technologiques qui redessinent le continent.

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