Aux États-Unis, l’administration Trump a annoncé une nouvelle extension majeure des restrictions de voyage vers le territoire américain. La mesure vise vingt pays supplémentaires, portant à plus de trente le nombre total de nations soumises à une interdiction totale ou partielle d’entrée. Cette décision marque un nouveau durcissement de la politique migratoire américaine, dans un contexte sécuritaire tendu.
Cinq pays frappés d’une interdiction totale, quinze sous restrictions partielles
Dans le détail, cinq pays se voient imposer une interdiction complète de voyager vers les États-Unis. Il s’agit du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du Sud-Soudan et de la Syrie. Selon Washington, ces États présentent des risques élevés en matière de sécurité et de fiabilité administrative.
Parallèlement, quinze autres pays font l’objet de restrictions partielles. Cette liste inclut notamment le Nigeria, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Bénin et la Tanzanie. Pour les ressortissants concernés, l’accès au territoire américain devient plus limité, avec des contrôles renforcés et des conditions d’entrée plus strictes.
Toutefois, certaines catégories échappent à ces mesures. Les résidents permanents légaux, les diplomates, les athlètes participant à des compétitions internationales ainsi que les personnes dont la présence sert les intérêts stratégiques des États-Unis conservent la possibilité d’entrer sur le territoire.
Selon la Maison-Blanche, cette extension vise avant tout à renforcer les normes de sécurité. L’administration met en avant plusieurs critères, dont la corruption institutionnelle, la fiabilité des documents d’identité, le dépassement fréquent des visas et des préoccupations liées à la sécurité nationale.
Sécurité nationale invoquée, critiques internationales en cascade
Cette annonce intervient dans un contexte sécuritaire tendu. Récemment, les autorités ont arrêté un ressortissant afghan, accusé d’avoir ouvert le feu sur deux soldats de la Garde nationale près de la Maison-Blanche lors du week-end de Thanksgiving. Pour l’exécutif américain, cet événement justifie un renforcement immédiat des contrôles.
Cependant, la décision provoque une vague de critiques. De nombreuses organisations de défense des droits humains dénoncent une mesure jugée discriminatoire. Laurie Ball Cooper, de l’International Refugee Assistance Project, estime que « cette interdiction élargie n’a rien à voir avec la sécurité nationale » et qu’elle repose sur une stigmatisation fondée sur l’origine.
Par ailleurs, les défenseurs des ressortissants afghans ayant soutenu les forces américaines expriment leur inquiétude. Ils redoutent la suppression d’exemptions destinées aux bénéficiaires potentiels de visas spéciaux, malgré des procédures de vérification déjà très strictes.