Mamadi Doumbouya a achevé jeudi sa campagne présidentielle à Conakry, à quelques jours du scrutin prévu dimanche en Guinée. Le chef de la transition, arrivé au pouvoir à la suite du coup d’État de 2021, se présente comme le principal favori d’une élection marquée par une faible mobilisation et l’absence de plusieurs figures majeures de l’opposition.
Un favori avec un soutien populaire affiché
Lors du dernier rassemblement, de nombreux partisans ont exprimé leur soutien à Doumbouya. « Je suis ici pour soutenir Mamadi Doumbouya pour sa gentillesse, et toutes les opportunités qu’il a offertes aux gens dans le besoin, ainsi que pour tous les efforts qu’il a déployés dans l’intérêt de la population. Nous sommes ici pour le soutenir pour qu’il reste président de notre pays », a confié un citoyen à Africanews.
Son principal concurrent reste Abdoulaye Yero Baldé, ancien ministre de l’Éducation sous le président Alpha Condé. Mohamed Lamine Bangoura, un de ses partisans, rappelle que Baldé s’était illustré en s’opposant au troisième mandat de Condé, démissionnant en signe de protestation : « Quand Alpha Condé a demandé à Yero Baldé de se joindre à lui pour un troisième mandat, celui-ci a répondu : “Non, Monsieur le Président, je ne peux pas vous suivre pour un troisième mandat, car nous avons promis au peuple guinéen de rétablir la démocratie…” ».
Doumbouya mise sur ses promesses de développement et de modernisation pour consolider son avance. Il met en avant des projets d’infrastructures et une nouvelle constitution adoptée lors d’un référendum boycotté par l’opposition. Ces mesures visent à répondre aux besoins d’une population confrontée à l’insécurité alimentaire, malgré l’abondance des ressources minières.
Organisation du scrutin et participation attendue
Le vote se déroulera dans plus de 24 000 bureaux à travers le pays. Plus de 6,7 millions d’électeurs sont attendus pour ce scrutin. Les résultats officiels devraient être publiés dans les 48 heures suivant le vote.
Cette élection se déroule dans un climat de contrôle politique strict et d’absence de grands partis d’opposition, ce qui confère un avantage considérable au général Doumbouya. Les autorités guinéennes insistent sur le respect du calendrier électoral et sur la transparence du processus.
Les observateurs suivront de près le déroulement du scrutin, qui pourrait renforcer la stabilité politique de la Guinée ou, en cas de contestation, provoquer des tensions dans le pays.