L’Égypte a décidé d’imposer un couvre-feu commercial dès ce samedi afin de réduire l’impact de l’explosion de sa facture énergétique. Cette mesure intervient alors que la guerre au Moyen-Orient entre dans sa cinquième semaine et fait grimper les coûts du gaz importé. Restaurants, commerces et centres commerciaux devront désormais fermer plus tôt, dans un contexte économique déjà fragilisé.
Une décision d’urgence face à une facture énergétique qui explose
Le gouvernement égyptien a opté pour une réponse rapide afin de limiter les dépenses énergétiques. Le Premier ministre Moustafa Madbouly a annoncé que les commerces, restaurants et centres commerciaux fermeront à 21h en semaine.
Toutefois, une légère exception est prévue pour les soirées de week-end. Les établissements pourront rester ouverts jusqu’à 22h les jeudis et vendredis, afin de préserver une partie de l’activité économique. Cette mesure est prévue pour une durée initiale d’un mois.
Selon les autorités, cette décision vise à freiner une hausse spectaculaire des coûts. Avant le début du conflit, la facture mensuelle de gaz s’élevait à 560 millions de dollars. Aujourd’hui, elle atteint 1,65 milliard de dollars pour un volume identique, soit presque un triplement.
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Une guerre régionale aux effets directs sur l’économie
La flambée des prix de l’énergie s’explique en grande partie par les tensions au Moyen-Orient. Les frappes sur des infrastructures pétrolières et les risques autour du détroit d’Ormuz perturbent l’approvisionnement mondial.
Cette situation pousse de nombreux acteurs à revoir leurs circuits d’approvisionnement. Elle entraîne également une hausse des coûts de transport et d’assurance, ce qui se répercute directement sur les importations de gaz de l’Égypte.
Par ailleurs, le contournement du canal de Suez par certaines compagnies maritimes prive le pays d’une source essentielle de devises. Cette double pression accentue les difficultés économiques d’un pays déjà confronté à une crise monétaire profonde.
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Des mesures étendues à l’ensemble de la vie économique
Le couvre-feu commercial s’inscrit dans un plan plus large de rationalisation énergétique. Les autorités ont décidé de réduire l’éclairage public et celui des panneaux publicitaires au strict minimum.
En parallèle, les administrations devront cesser leurs activités à partir de 18h et limiter leur consommation électrique. Le gouvernement envisage également d’introduire un à deux jours de télétravail par semaine pour les fonctionnaires.
Ces décisions traduisent une volonté d’adapter l’ensemble du fonctionnement du pays à un contexte de forte tension énergétique. Elles visent à réduire la consommation globale sans perturber les services essentiels.
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Des secteurs stratégiques préservés
Malgré ces restrictions, certaines infrastructures restent protégées. Les hôpitaux, les stations d’eau et les réseaux de transport continueront de fonctionner normalement afin d’éviter toute perturbation majeure pour la population.
Le secteur touristique bénéficie également d’un traitement particulier. Le ministre Sherif Fathy a précisé que les destinations majeures comme Hurghada, Louxor, Assouan ou Charm el-Cheikh ne seront pas concernées par ces limitations.
Cette exemption vise à préserver une source essentielle de revenus pour le pays. Le tourisme représente en effet un levier clé dans un contexte économique tendu.
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Une économie sous pression face à un scénario incertain
Au-delà de ces mesures, le gouvernement appelle les citoyens à participer à l’effort collectif. Moustafa Madbouly insiste sur la nécessité de rationaliser la consommation pour alléger la charge financière supportée par l’État.
Cette stratégie s’inscrit dans une logique de gestion du pire scénario. Les autorités anticipent une prolongation du conflit et cherchent à limiter ses impacts sur l’économie nationale.
Dans ce contexte, la situation reste fragile. Entre inflation, dépréciation monétaire et tensions énergétiques, l’Égypte doit désormais ajuster son modèle économique à une crise dont l’issue demeure incertaine.