La Côte d’Ivoire confirme sa position de locomotive régionale dans le secteur automobile. À l’occasion de la deuxième édition du Salon de l’automobile d’Abidjan, des chiffres inédits ont été révélés, témoignant d’une dynamique qui dépasse de loin ses voisins ouest-africains. Derrière cette progression se dessinent des enjeux économiques, sociaux et environnementaux cruciaux pour le pays.
Des ventes record qui placent la Côte d’Ivoire en tête
Lors de l’ouverture officielle du salon, le président du Groupement Interprofessionnel Automobiles Matériels et Équipementiers (GIPAME), Abdul Hussein Beydoun, a dressé un état des lieux sans équivoque. « La Côte d’Ivoire enregistre le plus grand nombre de véhicules neufs écoulés en Afrique de l’Ouest francophone », a-t-il affirmé.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2024, 28 000 véhicules importés par le GIPAME ont trouvé preneur, auxquels s’ajoutent 10 000 unités commercialisées en dehors du groupement. Ces ventes ont rapporté plus de 500 milliards FCFA en recettes fiscales et douanières, tout en générant 6 000 emplois directs et 10 000 emplois indirects. Au seul mois de juillet 2025, près de 20 000 ventes avaient déjà été réalisées, avec un objectif ambitieux de 50 000 véhicules neufs d’ici la fin de l’année.
Un secteur vital mais confronté à de lourds défis
Si l’automobile se présente comme un moteur économique, le secteur doit surmonter plusieurs obstacles. Abdul Hussein Beydoun en a identifié quatre : la sécurité routière, la transition énergétique, l’accessibilité et l’inclusion, ainsi que la régulation de la profession de concessionnaire. « L’automobile n’est pas un secteur de consommation, c’est un secteur de création de valeur et de compétitivité nationale », a-t-il insisté, soulignant la nécessité de consolider la filière.
De son côté, le ministre des Transports, Amadou Koné, a rappelé la stratégie gouvernementale. « La présente tribune qui a l’adhésion du gouvernement sera l’occasion de mettre en lumière les dernières avancées technologiques des constructeurs », a-t-il déclaré. L’exécutif mise notamment sur le renouvellement du parc automobile, la digitalisation des services administratifs (immatriculation, permis, contrôle technique) et la promotion des mobilités propres. Ces priorités traduisent la volonté d’inscrire la Côte d’Ivoire dans une trajectoire de modernisation durable.
Un salon au service du dialogue public-privé
Le Salon de l’automobile d’Abidjan, organisé du 11 au 15 septembre 2025, dépasse le simple cadre d’une exposition commerciale. Placé sous le thème « L’industrie automobile, levier de croissance solidaire au service du développement durable de la Côte d’Ivoire », il se veut un carrefour entre concessionnaires, investisseurs, institutions et grand public. Près de 30 000 visiteurs y sont attendus pour découvrir innovations, partenariats et nouvelles pratiques de mobilité.
Cet événement illustre aussi la volonté de renforcer la coopération public-privé. Après une première édition organisée six ans plus tôt, cette deuxième rencontre marque une étape décisive dans la structuration d’une filière appelée à jouer un rôle stratégique dans l’économie ivoirienne.
La Côte d’Ivoire s’impose comme un acteur central du marché automobile en Afrique de l’Ouest francophone. Les performances en matière de ventes, de recettes fiscales et d’emplois traduisent une dynamique qui contribue à la compétitivité nationale. Mais derrière cette réussite, les défis restent nombreux : sécurité, transition énergétique, cadre réglementaire. Le Salon de l’automobile d’Abidjan met en lumière à la fois les acquis et les chantiers à venir. Les prochains mois diront si le pays parvient à transformer son essor automobile en un modèle durable pour l’ensemble de la sous-région.