La Guinée enclenche l’un des programmes économiques les plus ambitieux de son histoire. Le Conseil National de la Transition a adopté le 5 mars 2026 deux textes majeurs encadrant le Programme Simandou 2040, un vaste plan de transformation économique étalé sur quinze ans.
Deux lois pour refonder la stratégie de développement
Réuni en séance plénière, le Conseil National de la Transition a examiné et adopté la Loi de Plan 2026–2040 ainsi que la Loi-Programme 2026–2030. Ces deux textes encadrent le Programme de développement socio-économique durable et responsable baptisé « Programme Simandou 2040 ».
Le gouvernement guinéen inscrit ainsi l’action publique dans un cadre de référence destiné à valoriser durablement les ressources naturelles et à transformer l’économie nationale. Ces lois remplacent le Programme de Référence Intérimaire 2022–2025. Elles en reprennent les objectifs tout en rehaussant les ambitions et en renforçant les moyens d’exécution.
Une feuille de route économique sur quinze ans
Le programme s’appuie sur la vision du chef de l’État Mamadi Doumbouya, qui souhaite faire des ressources naturelles un levier central de transformation économique.
Simandou 2040 trace une trajectoire de quinze ans pour construire une Guinée plus prospère, plus équitable et plus souveraine. Le pays ambitionne de devenir à la fois une économie de ressources et une économie de destination.
Le plan comprend 122 mégaprojets ainsi que 36 réformes structurelles. L’enveloppe globale dépasse 200 milliards de dollars d’investissements. Le mégaprojet intégré mines-infrastructures de Simandou constitue l’axe structurant du dispositif.
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Trois phases d’exécution jusqu’en 2040
La mise en œuvre repose sur une dynamique structurée en trois grandes étapes. La première phase d’accélération couvre la période 2025–2030. Elle mobilise plus de 65 milliards de dollars d’investissements prioritaires dans les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, l’éducation et le tourisme.
La deuxième phase, entre 2030 et 2035, vise la diversification économique et la montée en puissance des industries de transformation locale. La dernière étape doit consolider les acquis et renforcer le rayonnement international de l’économie guinéenne à l’horizon 2040.

Cinq piliers pour transformer l’économie
Le programme s’articule autour de cinq axes stratégiques. Le premier pilier concerne l’agriculture, l’industrie alimentaire et le commerce. Il vise à renforcer la sécurité alimentaire, moderniser les filières agricoles et développer la transformation locale.
Le deuxième pilier porte sur l’éducation et la culture. Il prévoit la promotion de l’excellence académique, le soutien à la recherche et à l’innovation ainsi que la valorisation du rayonnement culturel.
Le troisième pilier cible les infrastructures, les transports et les technologies. Il prévoit le développement d’infrastructures modernes, de corridors logistiques, de parcs industriels et de réseaux numériques pour renforcer l’intégration économique.
Le quatrième pilier concerne l’économie, la finance et les assurances. Il vise à renforcer l’inclusion financière, soutenir l’investissement productif et créer des instruments structurants, dont un fonds souverain.
Le cinquième pilier est consacré à la santé et au bien-être. Il ambitionne d’améliorer l’accès aux soins et de positionner la Guinée comme une destination médicale de référence dans la sous-région.
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Une gouvernance modernisée en appui
Ces piliers sont soutenus par un thème transversal centré sur la modernisation de l’État et de la gouvernance, le développement durable et l’inclusion sociale. L’objectif est de renforcer la gouvernance publique, d’assurer une gestion responsable des ressources et de favoriser une croissance plus équitable.
Djiba Diakité, ministre directeur de cabinet de la Présidence et président du Comité stratégique de Simandou, qualifie l’adoption des deux lois d’étape décisive dans l’accélération de la transformation économique et sociale.
Il précise que plusieurs projets structurants sont déjà engagés sur l’ensemble du territoire. La Guinée appelle les institutions, partenaires techniques et financiers ainsi que les investisseurs nationaux et internationaux à accompagner la mise en œuvre de cette vision consacrée par la loi.