Dans les coulisses feutrées de la scène politique béninoise, un coup de théâtre vient secouer le microcosme. À quelques jours de la décision de la Cour constitutionnelle sur la validité de leur candidature à l’élection présidentielle de 2026, le président du parti Les Démocrates, Boni Yayi, ainsi que le duo de candidats du principal parti de l’opposition ‘’Les Démocrates’’, Renaud Agbodjo et Jude Lodjou, ont été convoqués ce mercredi 22 octobre 2025 par le directeur de la police judiciaire. Cette convocation survient dans un contexte tendu, marqué par une controverse sur le retrait d’un parrainage indispensable pour valider leur participation au scrutin.
Un parrainage retiré, une candidature menacée
Le parti Les Démocrates avait obtenu 28 parrainages, le minimum requis pour présenter un candidat à la présidentielle. Toutefois, le député Michel Sodjinou a décidé de ne plus accorder son parrainage au parti. Ce qui a modifié la donne : avec seulement 27 parrainages restants, la candidature d’Agbodjo et Lodjou joue pour l’invalidité.
Michel Sodjinou affirme avoir retiré son parrainage en raison d’un manque de transparence dans le choix des candidats du parti. Il accuse l’ancien chef de l’Etat, Boni Yayi, président du parti Les Démocrates, de leur imposer son choix. En réponse, Les Démocrates estiment que le pouvoir a du exercer des pressions sur le député et les institutions pour fragiliser le parti et l’empêcher de participer à l’élection. Des accusations qu’ont rejetées le gouvernement, la CENA et Michel Sodjinou. Saisi par le député, le tribunal de Cotonou lui a donné une suite favorable en validant le retrait de son parrainage au parti. La formation a fait appel devant la Cour constitutionnelle, qui doit rendre sa décision le 23 octobre 2025. Entre temps, Les Démocrates sont allés déposer à la CENA, la première fiche de parrainage que leur avait remis Sodjinou. Un fait grave qui peut être qualifié de falsification de documents, indique le député dans sa dernière sortie médiatique. Il a poursuivi qu’il a toutes les preuves pour porter plainte contre le président du parti ainsi que le duo de candidats, mais qu’il ne se mettrait pas dans cette posture.
Une convocation qui renforce les tensions
La convocation de Boni Yayi, Renaud Agbodjo et Jude Lodjou intervient dans ce contexte de forte incertitude. Aucune information officielle n’a été communiquée sur les motifs exacts de cette audience. Néanmoins, elle suscite des interrogations et alimente les critiques. La Commission électorale nationale autonome (CENA) doit publier la liste définitive des candidats le 31 octobre. D’ici là, la décision de la Cour constitutionnelle sur le parrainage sera déterminante. En attendant, cette convocation vient ajouter une nouvelle pression sur le parti Les Démocrates et ses représentants à un moment crucial du processus électoral.
COMMUNIQUÉ DU PARTI LES DÉMOCRATES
Cotonou, le 22 octobre 2025
Par exploit d’huissier en date du mardi 21 octobre 2025 à 15 heures 20 minutes, le Directeur de la Police Judiciaire a convoqué Docteur Thomas Boni YAYI, Ancien Président de la République et Président du Parti Les Démocrates, à se présenter à la Direction de la Police Judiciaire le mercredi 22 octobre 2025 à 9 heures.
Le Parti Les Démocrates prend acte de cette convocation, tout en constatant avec étonnement et indignation qu’aucune indication n’a été donnée quant aux motifs de cette procédure.
Cette convocation s’ajoute à celle, tout aussi inédite, adressée dans les mêmes conditions aux deux candidats désignés par le Parti Les Démocrates pour porter ses couleurs à l’élection présidentielle de 2026, Maître AGBODJO Renaud et l’Honorable LODJOU Jude.
Le Parti Les Démocrates y voit clairement une manœuvre d’intimidation politique, orchestrée dans le but de fragiliser ses responsables et de brouiller les perspectives de l’alternance démocratique à quelques mois d’un scrutin présidentiel décisif.
Nous tenons à rappeler avec force que Monsieur Thomas Boni YAYI a dirigé la République du Bénin pendant dix années, avec loyauté, intégrité et un attachement constant aux valeurs républicaines et démocratiques.
Le traitement actuel qui lui est infligé constitue une atteinte grave à la dignité due à son statut d’ancien chef d’État, et à l’honneur de tous ceux qui œuvrent pour une démocratie vivante et apaisée.
Ces agissements révèlent l’état de panique d’un régime en fin de mandat, allergique au débat démocratique, et désormais prêt à instrumentaliser l’appareil judiciaire et sécuritaire pour entraver le jeu électoral.
Conscient de son impopularité croissante et de son incapacité à affronter le suffrage universel dans la transparence, le pouvoir en place cherche à détourner l’attention et à instaurer un climat de peur et de suspicion.
Notre position est claire : aucune provocation ne nous détournera de notre engagement démocratique.
Dénonce vigoureusement ces actes d’intimidation ciblant ses responsables politiques ;
Met en garde contre toute tentative d’atteinte à l’intégrité morale ou physique de ses cadres, et tout usage abusif des institutions à des fins partisanes ;
Réaffirme son attachement indéfectible à la démocratie, à la paix sociale et à l’alternance républicaine ;
Appelle l’opinion nationale et internationale à rester vigilante face aux dérives autoritaires rampantes.
Nous ne céderons à aucune provocation, et nous continuerons à œuvrer pacifiquement pour la défense des droits du peuple béninois, la vérité des urnes, et le respect de l’ordre constitutionnel.
Le Parti Les Démocrates
Le Secrétariat national à la communication
Dr. Guy Dossou MITOKPE