Guinée : 09 candidats validés pour la présidentielle, dont le général Mamadi Doumbouya

novembre 11, 2025

La Cour suprême de Guinée a publié la liste provisoire des candidats autorisés à participer à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Parmi eux figure le chef de la junte au pouvoir, le général Mamadi Doumbouya, qui se présente en tant qu’indépendant. Cette annonce marque une nouvelle étape dans le processus de transition politique du pays, mais suscite aussi des doutes sur la crédibilité du scrutin.

Mamadi Doumbouya officialise sa candidature

La décision de la Cour suprême confirme ce que beaucoup redoutaient : le président de la transition, Mamadi Doumbouya, brigera bel et bien la magistrature suprême. En 2021, après avoir renversé Alpha Condé, le chef militaire avait pourtant promis de rendre le pouvoir aux civils et de ne pas se présenter à la future élection. Quatre ans plus tard, cette promesse semble rompue. Doumbouya se présente en indépendant, soutenu par une coalition informelle de mouvements citoyens et d’acteurs économiques favorables à la junte. Ses partisans présentent sa candidature comme une continuité logique de la transition, censée, selon eux, « consolider les acquis sécuritaires et institutionnels ».

Pour ses détracteurs, il s’agit au contraire d’un glissement autoritaire : « Le général cherche à légitimer son pouvoir par les urnes après l’avoir conquis par la force », estime un responsable de l’opposition cité par la presse locale.

Des exclusions qui alimentent la controverse

Sur les neuf candidats validés par la Cour suprême, plusieurs figures majeures de la scène politique guinéenne manquent à l’appel. Les candidatures de Lansana Kouyaté, ancien Premier ministre, et d’Ousmane Kaba, ex-ministre et chef du Parti des démocrates pour l’espoir (PADES), ont été rejetées, sans justification détaillée. Ces exclusions, visant deux ténors de l’opposition, ravivent les tensions politiques dans un pays encore fragile.

Le scrutin de décembre intervient après plus d’un an de retard sur le calendrier initial convenu avec la CEDEAO, qui avait exigé des élections avant fin 2024. Ce glissement de calendrier et l’absence de figures d’opposition crédibles nourrissent la méfiance des partenaires régionaux. L’élection présidentielle guinéenne est également la première étape d’un processus plus large censé ramener le pays à un ordre constitutionnel. Cependant, pour une partie de la société civile, elle risque plutôt de confirmer la mainmise de la junte sur le pouvoir.

Malgré ces critiques, la Cour suprême défend la transparence de la procédure et promet un scrutin « inclusif et sécurisé ». Mais sur le terrain, le climat politique reste tendu : les partis d’opposition ont déjà quitté l’organe législatif de transition, dénonçant un « simulacre électoral ». L’enjeu du 28 décembre dépasse donc la simple élection : il s’agira de savoir si la Guinée tournera réellement la page de la transition militaire, ou si elle entrera dans une nouvelle ère de pouvoir consolidé autour de Mamadi Doumbouya.

Morgan Dossou

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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