À l’approche de l’élection présidentielle du 25 octobre, le RHDP montre ses muscles. Le parti au pouvoir rassemble sa base jeune pour soutenir la candidature d’Alassane Ouattara. Mais derrière cette démonstration de force, des tensions politiques persistent.
Une mobilisation géante au cœur d’Abidjan
Le samedi 18 octobre, le Stade Félix Houphouët-Boigny a vibré au rythme des chants et des slogans. Des milliers de jeunes venus d’Abidjan et de plusieurs régions ont répondu à l’appel du RHDP. L’événement visait à soutenir le président sortant, en quête d’un quatrième mandat.
L’ambiance était festive. Les drapeaux du parti flottaient partout. Les discours ont mis en avant une jeunesse dynamique et fidèle au pouvoir. « Le président tient ses promesses », a lancé Edmond Gbogbo, un jeune militant.
Cette mobilisation ne s’est pas limitée au terrain. Le RHDP mène aussi une campagne numérique. Il organise des meetings virtuels qui rassemblent des millions d’interactions. Le message est clair : faire de la jeunesse un levier électoral.
Une élection sous contrôle
En parallèle, le climat politique reste tendu. Plusieurs leaders de l’opposition, comme Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, ne participent pas à l’élection. Le Conseil constitutionnel les a écartés pour des raisons judiciaires ou administratives.
D’autres candidats, comme Simone Gbagbo ou Jean-Louis Billon, peinent à faire entendre leur voix. Le RHDP domine l’espace médiatique et institutionnel. L’opposition dénonce une campagne déséquilibrée.
Les autorités ont mobilisé 44 000 agents de sécurité. Certaines manifestations ont été dispersées à Abidjan. Ce dispositif renforce le sentiment d’un processus verrouillé.
Des enjeux démocratiques toujours présents
Le pouvoir mise sur la stabilité et la continuité. Il met en avant quinze années de développement et promet cinq années de transformation en plus. La jeunesse est au cœur de ce projet.
Mais cette stratégie soulève des questions. Peut-on parler de vraie compétition électorale quand les grands opposants sont absents ? La mobilisation de masse peut impressionner, mais elle n’efface pas les critiques sur l’ouverture du débat démocratique.
L’élection du 25 octobre s’annonce décisive. Elle pourrait confirmer la solidité du régime Ouattara. Mais elle pourrait aussi raviver les doutes sur l’état de la démocratie ivoirienne.