RDC : Joseph Kabila condamné à mort pour crimes de guerre et trahison

octobre 1, 2025

La République démocratique du Congo vient de vivre une décision judiciaire inédite. Son ancien président, Joseph Kabila, a été condamné à mort par la Haute Cour militaire de Kinshasa. Accusé de « crimes de guerre », de « trahison » et d’avoir soutenu un mouvement insurrectionnel, l’ex-chef d’État, au pouvoir pendant 18 ans, devient le premier dirigeant congolais à subir une telle sentence. Ce jugement, rendu en son absence, suscite déjà de vives réactions au sein de la classe politique et de la société civile.

Un procès historique marqué par la sévérité des juges

La Haute Cour militaire a rendu son arrêt le 30 septembre après plusieurs semaines d’audiences. Les magistrats ont conclu que Joseph Kabila avait manqué à ses devoirs de loyauté et de dignité envers l’État congolais. Le verdict retient sa responsabilité dans la création et la direction de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), branche politique du mouvement armé M23, soutenu par le Rwanda.

Pendant près de quatre heures, la Cour a justifié sa décision en évoquant « l’extrême gravité des faits qui scandalisent des millions des Congolais dont Joseph Kabila a été le président pendant 18 ans ». Elle l’a déclaré coupable d’avoir participé à une insurrection visant à renverser les institutions congolaises.

Des réactions contrastées entre dénonciations et soutien aux victimes

La condamnation de l’ancien président s’accompagne d’une sanction financière inédite. Plus de 33 milliards de dollars de dommages et intérêts au profit de l’État congolais, des provinces du Nord et du Sud-Kivu et d’associations de victimes. Une partie de la société civile salue ce jugement. « C’est le début de la fin de l’impunité », a affirmé Me Kasongo Mayombo, avocat d’ONG présentes dans l’est du pays.

Le camp Kabila, en revanche, rejette catégoriquement la décision. Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD, a dénoncé une « vaste blague », estimant qu’il s’agissait d’un procès politique destiné à écarter son leader de la scène nationale.

L’opposition, elle, adopte une position plus nuancée. Le parti Ecidé, dirigé par Martin Fayulu, préfère renvoyer dos à dos Kabila et l’actuel président Félix Tshisekedi, considérés comme « les deux principaux acteurs du braquage électoral de 2018 », selon Devos Kitoko, son secrétaire général.

Une condamnation aux conséquences politiques incertaines

Si Joseph Kabila vit en exil depuis plus de deux ans, il demeure actif sur la scène régionale. Multipliant les déplacements en Afrique de l’Est et australe, il cultive des soutiens auprès de chefs d’État et continue d’entretenir ses réseaux politiques. Ses proches assurent qu’il reste « un acteur incontournable pour l’avenir de la RDC », capable de fédérer une opposition élargie face au régime de Félix Tshisekedi.

Ce verdict historique pourrait toutefois accentuer les divisions internes et alimenter les tensions dans un pays déjà fragilisé par trois décennies de conflits dans l’Est. Pour certains observateurs, la décision marque une étape importante dans la lutte contre l’impunité ; pour d’autres, elle risque d’ouvrir une nouvelle phase d’instabilité politique. Entre justice et instrumentalisation politique, l’affaire Kabila s’impose désormais comme un tournant majeur de l’histoire contemporaine congolaise.

Morgan Dossou

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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