Retrait des États-Unis de 66 organisations : quels effets pour l’Afrique ?

janvier 9, 2026

Les États-Unis ont engagé un retrait massif de plusieurs organisations, conventions et traités internationaux, une décision qui affecte directement de nombreuses institutions liées à l’Afrique. Acté par un mémorandum présidentiel signé le 7 janvier 2026, ce désengagement concerne 66 entités jugées contraires aux intérêts nationaux américains. Ce choix marque un tournant dans la posture multilatérale de Washington et soulève des interrogations sur ses implications pour la coopération internationale et le développement africain.

Un retrait américain aux répercussions directes sur l’Afrique

Le mémorandum présidentiel ordonne aux ministères et agences fédérales de mettre en œuvre, sans délai, le retrait des États-Unis de plusieurs organisations clés. Cette décision s’appuie sur un rapport du secrétaire d’État, élaboré dans le cadre d’un examen général des engagements internationaux américains.

Des institutions onusiennes africaines directement concernées

Parmi les entités touchées figurent plusieurs structures des Nations Unies à vocation africaine. Les États-Unis se retirent notamment de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), du Bureau du conseiller spécial des Nations Unies pour l’Afrique et du Forum permanent sur les personnes d’ascendance africaine. Ces organismes jouent un rôle central dans l’analyse économique, le plaidoyer politique et la coordination des initiatives de développement sur le continent.

Ce retrait réduit la participation américaine aux discussions multilatérales portant sur les enjeux africains. Il pourrait aussi limiter l’influence de Washington dans l’orientation des politiques économiques et sociales soutenues par l’ONU en Afrique.

Une sortie élargie des cadres multilatéraux globaux

Au-delà du système onusien, le mémorandum prévoit également le retrait des États-Unis de 35 organisations internationales non directement rattachées à l’ONU. Parmi elles figurent le GIEC, l’IRENA, l’UICN et le Forum mondial sur la migration et le développement. Ces structures interviennent sur des thématiques majeures pour l’Afrique, notamment le changement climatique, les énergies renouvelables, la protection de la biodiversité et les dynamiques migratoires.

Au total, 31 entités relevant de l’ONU sont concernées. La liste inclut aussi ONU Femmes, le FNUAP, la CNUCED et la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Ces retraits pourraient affecter les mécanismes de financement, d’expertise et de coopération technique dont bénéficient de nombreux pays africains.

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Quels enjeux pour l’Afrique et la gouvernance internationale ?

La décision américaine intervient dans un contexte de recomposition des équilibres géopolitiques et de remise en question du multilatéralisme. Pour l’Afrique, elle pose plusieurs défis, mais ouvre aussi de nouvelles marges de manœuvre.

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D’un côté, la baisse de l’implication américaine peut fragiliser certaines institutions internationales, notamment en termes de ressources financières et de poids politique. Plusieurs programmes soutenus par ces organismes dépendent historiquement des contributions et de l’expertise des États-Unis. Leur retrait pourrait ralentir certaines initiatives liées au développement, au climat ou à l’égalité de genre.

De l’autre côté, cette situation pourrait encourager les pays africains à renforcer leur autonomie stratégique. Elle pourrait aussi favoriser une diversification des partenariats, avec un rôle accru d’autres acteurs internationaux et régionaux. Certains observateurs estiment que cette évolution pourrait pousser les institutions africaines à gagner en cohérence et en capacité d’action propre.

Le mémorandum précise enfin que l’examen des autres recommandations du secrétaire d’État se poursuit. Cette mention laisse entrevoir la possibilité de retraits supplémentaires. Pour les pays africains, l’enjeu sera de s’adapter à ce nouvel environnement international, tout en préservant les cadres de coopération essentiels à leur développement et à leur insertion dans la gouvernance mondiale.

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Morgan Dossou

Journaliste passionné depuis une dizaine d'années, je m’intéresse aux grands enjeux de notre époque et à l’évolution du monde contemporain. Mon objectif est de proposer une information claire, fiable et accessible à tous, en mettant en lumière des sujets variés qui nourrissent la réflexion et favorisent une meilleure compréhension de l’actualité.

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